Chili: hommage à Nicanor Parra à la cathédrale de Santiago

Au Chili, tout le monde le connaissait sous le nom de « l’antipoète ». Nicanor Parra sera enterré ce jeudi 25 janvier dans une petite ville balnéaire près de Santiago. Mort mardi à l’âge de 103 ans, il a profondément marqué la littérature chilienne en cassant les codes du genre. Il laisse derrière lui une poésie bien vivante, à laquelle sont venues rendre hommage des milliers de personnes mercredi dans la cathédrale de Santiago.

Avec notre correspondante à Santiago, Justine Fontaine

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Des milliers de personnes sont venues rendre hommage à Nicanor Parra mercredi 24 janvier dans la cathédrale de Santiago.

Pendant que ses proches chantent et dansent la cueca, musique traditionnelle chilienne, les fleurs et les messages s’accumulent autour du cercueil. Elizabeth Henriquez a fait deux heures de queue pour saluer une dernière fois le poète : « Il a marqué une rupture dans la poésie, et il l’a rendue accessible à tous. C’est pour ça que nous l’appelons le poète du peuple. Ça m’a étonnée que ce soit organisé ici, dans la cathédrale, mais je crois que c’est ce que souhaitaient les gens. »

Moins connu que Pablo Neruda à l’étranger, Nicanor Parra, aussi professeur de physique à l’université, se distinguait par ses textes d’une apparente simplicité, drôles et irrévérencieux, y compris envers l’Eglise.

Sur le cercueil du poète trône l’une de ses phrases célèbres, autrefois exposée sous une croix catholique : « Je reviens tout de suite ». Une phrase qui parle à Stefan Tomisic. « Il a toujours pris avec humour, avec beaucoup d’ironie des sujets aussi sérieux que la mort, il jouait avec ça en écrivant « Je reviens tout de suite ». Il ne manque plus qu’il ressuscite. »

Dans la cathédrale continuent de résonner les chansons de Violeta Parra, sa sœur, comme le souhaitait « l’antipoète ». Des dizaines de personnes attendent encore dehors de lui rendre un dernier hommage.

Rfi.fr