Chine: les crustacés nord-coréens victimes des sanctions internationales

Est-ce que la Chine applique les sanctions de l’ONU censées faire plier la Corée du Nord avec sérieux ? Difficile de le vérifier. Le 5 août dernier, le Conseil de sécurité a voté une résolution pour bannir les exportations nord-coréennes de minerai de fer et de plomb… mais aussi de poissons et crustacés ! A Hunchun, une petite ville frontalière tout au nord de la Chine, en face de la Corée du Nord, les commerçants assurent que oui, cet embargo est mis en place. Ils en sont d’ailleurs les premières victimes.

Avec notre correspondante à PékinHeike Schmidt

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Scène de rue dans la ville chinoise de Hunchun, à la frontière avec la Corée du Nord et la Russie, en 2015.

Avant même l’entrée en vigueur officielle des sanctions ce mardi, les douaniers chinois ont commencé à bloquer et à renvoyer les camions chargés de crustacés nord-coréens.

Un coup dur pour ce commerçant : « J’ai toujours importé des fruits de mer nord-coréens. Mais actuellement, ils ne passent plus. C’est interdit à cause des tirs nord-coréens. Je n’ai déjà plus de marchandise. Quelques collègues vendent encore leurs stocks. »

Pour la Corée du Nord, le manque à gagner dû aux nouvelles sanctions est estimée à un milliard de dollar. Mais personne ne parle de celles des commerçants chinois, se plaint monsieur Hongyuan, importateur de crustacés : « Cela a des conséquences énormes. 80 % des habitants de Hunchun font des affaires avec la Corée du Nord. Mais depuis l’embargo de l’ONU, nous sommes au chômage. Qu’est-ce que nous pouvons faire ? Il faut changer de métier. »

Importations illégales

Quelques dizaines de ses collègues sont descendus dans la rue pour protester contre l’embargo. D’autres préfèrent le contourner : à Dandong, l’autre grande plaque tournante du commerce sino-coréen plus au sud, le trafic noir est en plein essor, rapporte le quotidien South China Morning Post. Chaque nuit, plusieurs tonnes de fruits de mer passeraient la frontière de façon illégale.

Rfi.fr