Cisjordanie: colons et opposants manifestent pour les 50 ans de la colonisation

Une cérémonie officielle a eu lieu ce mercredi soir 27 septembre en présence du Premier ministre Benyamin Netanyahu pour célébrer les 50 ans de la colonisation israélienne en Cisjordanie et dans le Golan. Une cérémonie contestée en Israël. A l’entrée de la colonie où avait lieu cette cérémonie, des manifestants s’étaient rassemblés. D’un côté, les partisans de la colonisation, de l’autre, les opposants.

Avec notre envoyé spécial à Goush Etzion, Guilhem Delteil

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Des militants anti-colonisation de l’association La Paix maintenant manifestent dans le bloc de colonies de
Goush Etzion, mercredi 27 septembre 2017.

D’un côté, une centaine de personnes. « Aujourd’hui, on fait la fête. Et demain, on détruit tout », peut-on lire sur les pancartes qu’elles brandissent. Ces manifestants dénonçaient un récent jugement de la Cour suprême ordonnant la destruction de quinze maisons dans une colonie sauvage voisine.

Aux yeux de Benny Saville, le gouvernement israélien craint les réactions internationales et n’est pas assez ferme sur la question de la colonisation. « Je veux une déclaration très claire. Quand on a rencontré Bibi Netanyahu, il nous a dit : ‘Ce jugement n’est pas juste’. Nous voulons qu’il tienne le même discours quand on est dans la salle que lorsqu’on y est pas. Et qu’il tienne parole, car je sais qu’il y croit », assure-t-il.

De l’autre côté du rond-point, séparés par des forces de l’ordre, quelques dizaines de militants anti-occupation scandent : « Il n’y a pas de raison de célébrer. Les colonies détruisent Israël ». « En 50 ans, les colonies ont détruit Israël sur le plan moral, politique, social, économique. Et bien sûr, cela a conduit à d’importantes violations des droits de l’homme pour les Palestiniens vivant à côté de nous. Nous sommes ici pour dire que cela doit cesser », affirme Anat Ben Nun, porte-parole de l’organisation La Paix maintenant.

Sur ce rond-point en plein coeur des territoires palestiniens, les militants anti-occupation ont perdu la bataille du nombre. Mais « l’important, c’était d’être là et de faire entendre notre voix » disent-ils.

Rfi.fr