Colombie: le processus de désarmement des FARC est officiellement terminé

Les Forces armées révolutionnaires de Colombie, les FARC, ne sont plus armées. La grande guérilla marxiste a déposé ses dernières armes, mardi 27 juin, 53 ans après avoir pris le maquis et sept mois après avoir signé un accord de paix avec le président colombien Juan Manuel Santos.

Avec notre correspondante à Bogota,  Marie-Eve Detoeuf

media
De gauche à droite au premier rang: le président Santos, le représentant de l’ONU Jean Arnault et le leader
des FARC Rodrigo Londoño suivent le dernier acte du désarmement sur écran à Mesetas, le 27 juin 2017.

L’ONU, chargée de superviser le processus de désarmement, a reçu 7 132 armes individuelles au total. Elles ont été stockées dans des containers et seront fondues pour faire trois monuments à la paix.

« Adieu les armes, adieu la guerre, bienvenue la paix ! » C’est par ces mots que Rodrigo Londoño Echeverri, alias « Timoleón Jiménez » ou simplement « Timochenko », le grand chef des FARC, a conclu son discours.

Car cette fois, c’est sûr : la paix en Colombie est irréversible. Le président Juan Manuel Santos l’a martelé. Les deux hommes se sont retrouvés mardi dans la zone rurale de Mesetas, à sept heures de route de Bogota. 

Et la dernière des armes se tut

C’est dans cette même zone rurale que s’est tenue la cérémonie officielle du désarmement définitif de la guérilla marxiste. Sur la Septima, la grande avenue de la capitale Bogota, deux écrans géants avaient été installés.

Quand la porte du dernier container de l’ONU, plein d’armes, s’est fermée, Maria Andrea, 27 ans, était émue aux larmes : « Enfant, je me réveillais avec le bruit du ventilateur, en pensant qu’un groupe armé était en train d’attaquer ma ville. »

« Alors, confie la jeune Colombienne, voir ces armes qui hier faisaient peur se taire, les voir enfermées dans des containers, savoir qu’on va en faire des monuments à la paix, c’est très émouvant. »

Un air d’indifférence dans le pays

Emouvant, certes, mais il n’y a pas grand monde devant les écrans géants. La Colombie a accueilli dans une totale apathie cette journée historique. Les partisans de la paix s’en inquiètent, d’ailleurs.

C’est le cas de Juanita Afanador, qui a fait ses études en France. Le désintérêt, l’indifférence, « c’est un des gros problèmes auxquels on doit faire face », explique Juanita, qui parle de « se battre », pour gagner la paix :

« C’est maintenant à nous de faire comprendre à une énorme partie de la population que ce que nous vivons est historique et que nous devons tous jouer un petit rôle pour que la paix reste. Maintenant, on doit se battre. »

Rfi.fr