Condition des Noirs américains: Serena Williams refuse de se taire

La championne américaine de tennis, Serena Williams, après un événement anodin dans sa vie de tous les jours, a confié son inquiétude sur Facebook concernant la condition des Noirs aux États-Unis. Descriptive et émue, inspirée par Martin Luther King, elle souhaite ne plus rester silencieuse.

C’est une expérience très personnelle que la numéro deux mondiale de tennis a vécue dernièrement et qu’elle relate dans un long message sur Facebook. Serena Williams raconte une banale sortie en voiture, elle qui se fait conduire à des rendez-vous par son neveu de 18 ans pour pouvoir mieux consulter son téléphone portable.

« Safety first » écrit-elle, « la sécurité en priorité ». Et puis, elle lève la tête et aperçoit au loin un policier. Sa première réaction est de vérifier que son neveu respecte bien la limitation de vitesse. Elle part alors dans une longue description de ce qui lui a traversé l’esprit. Elle explique avoir revu les images insoutenables de la mort de Philando Castille.

Ce jeune homme de 32 ans a été tué à Saint-Paul, dans le Minnesota, en juillet dernier. Il avait eu le tort d’avoir un clignotant défaillant et d’être en possession d’un permis de port d’arme en toute légalité. Il est mort de quatre balles dans le torse alors que sa fiancée était assise à côté de lui.

Serena Williams fait le parallèle entre cet homme victime du racisme ordinaire et son neveu. Il est « si innocent », écrit-elle. Aussi innocent que tous les autres, conclut-elle.

Beyonce, porte-parole du mouvement Black Lives Matter

Ce n’est pas la première fois que Serena Williams s’élève contre les violences policières qui se multiplient aux États-Unis. Elle apparaît par exemple dans le clip de la chanteuse Beyonce, « Sorry ». Cette dernière est quant à elle devenue l’une des porte-paroles du mouvement Black Lives Matter, né en 2013 aux États-Unis.

Dans son dernier album, Lemonade, Beyonce fait par exemple apparaître les mères de Trayvon Martin, Michael Brown et Eric Garner tenant des photos de leurs fils, tués par des policiers.

Peur pour son fils de 12 ans

Serena Williams n’est pas la première athlète à se mobiliser, elle fait partie d’un mouvement beaucoup plus large d’athlètes noirs américains ou métis qui se sont élevés contre le profilage des jeunes Noirs et le racisme ordinaire. Le Bron James par exemple, une immense star du basket, a assuré qu’il avait peur pour son fils de 12 ans.

« Dans 4 ans, il pourra conduire sa propre voiture », dit il, « et c’est effrayant de penser que mon fils pourra se faire arrêter par un policier ». Autre sportif dont on a beaucoup parlé : le quarterback de l’équipe de San Francisco Colin Kaepernick. Ce dernier refuse de chanter l’hymne national américain et de se tenir debout.

Il pose cette semaine en Une du Time. Une couverture très symbolique puisqu’il est genou à terre en signe de protestation. Serena, elle, ne met pas le genou à terre mais elle cite Martin Luther King : « Vient un temps où le silence est une trahison ». Pour conclure : « Je ne resterai pas silencieuse. »