Conférence à Moscou sur l’Afghanistan sans les Etats-Unis

La Russie organise ce vendredi 14 avril une conférence internationale sur l’Afghanistan. Une première rencontre régionale sur le règlement de la crise dans ce pays a déjà eu lieu à Moscou le 15 février dernier. Outre la Russie et l’Afghanistan, les pays d’Asie centrale sont invités, ainsi que la Chine, l’Inde, le Pakistan et l’Iran. Les Russes ont également invité les Etats-Unis qui n’ont pas répondu. Dans une récente interview destinée aux pays d’Asie centrale, Vladimir Poutine s’est expliqué sur le nouvel intérêt des Russes pour l’Afghanistan.

Avec notre correspondante à Moscou, Muriel Pomponne

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Ministre russe affaires étrangères Sergueï Lavrov et son homologue afghan Salahuddin Rabbani , à Moscou, le 7 février 2017.

Les Russes reviennent en Afghanistan. Mais trente ans après, ce n’est pas avec des chars, mais avec leurs diplomates. Pour Moscou, le rétablissement de la stabilité en Afghanistan est nécessaire pour faire barrage aux trafics et au terrorisme qui passent par l’Asie centrale. Et cela passe par une réconciliation des différentes forces en présence.

Le président russe précise qu’il faut établir le contact avec toutes les forces qui acceptent trois principes : la reconnaissance de la Constitution, le désarmement, la réconciliation nationale. Et il n’exclut pas les talibans.

D’après l’ambassadeur russe à Kaboul, Alexandre Mantiytskiy, la Russie a établi récemment un dialogue avec les talibans. Selon Moscou, les talibans ont des ambitions politiques nationales, mais ne s’inscrivent pas dans une logique hégémonique comme Daech, et seraient même le meilleur rempart aux mouvements terroristes dans la région. Un ex-chef taliban affirme pour sa part que les contacts avec la Chine et la Russie existent depuis 3 ans.

Moscou développe aussi ses contacts avec le gouvernement en place. Le 17 mars dernier, la chef de la diplomatie russe a rencontré le conseiller du président afghan pour la Sécurité nationale. Mais Moscou souhaite impliquer d’autres pays, notamment ceux de la région. Et les pays tels que la Chine, l’Iran ou le Pakistan sont précisément demandeurs, au nom de la lutte contre Daech, qui déstabilise leurs Etats respectifs.

Rfi.fr