Congo-B: réactions partagées après les déclarations du pasteur Ntumi

Réactions diverses à Brazzaville vendredi 29 décembre après les déclarations du pasteur Ntumi diffusées par RFI à propos de l’accord de cessez-le-feu signé il y a une semaine à Kinkala. Si le gouvernement se félicite que le pasteur Ntumi ait « pris acte » du cessez-le-feu, quand bien même, dit-il, l’accord ne lui avait pourtant pas été soumis avant signature. D’autres, en revanche, s’inquiètent devant la longue liste de revendications qu’il pose en préalable à une résolution durable du conflit.

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Un panneau à l’entrée de Kinkala, dans le Pool. 

Il y a le verre à moitié plein. C’est ainsi qu’a choisi de le voir le porte-parole du gouvernement  congolais Thierry Moungalla. « Les extrémistes en sont pour leurs frais » dit-il. Le pasteur Ntumi n’a pas rejeté l’accord, et il accepte « la méthodologie ».

Autrement dit, la commission mixte que le révérend « exige » est prévue dans l’accord de Kinkala. Mais cela ne doit pas occulter la grande méfiance qui transpire dans les déclarations du pasteur quand il réclame par exemple des garanties de sécurité pour ses émissaires, ni l’ampleur des « corrections » qu’il souhaite voir apporter.

Il n’y a pas seulement le retour des déplacés sous escorte, la réinsertion de ses combattants, le retrait des troupes dans le Pool et une amnistie générale, ce qui déjà, est loin d’être acquis.

Au passage, le pasteur Ntumi, rouvre le contentieux de la présidentielle de 2016, en réclament un « dialogue inclusif et un règlement politique » de la crise « sous observation internationale » et la libération de tous les détenus politiques. Or, Brazzaville qui présente jusque-là le pasteur Ntumi comme un « terroriste », a toujours rejeté la dimension politique du conflit.

Pressées par la communauté internationale, les autorités vont-elles lâcher du lest ? « Ces questions de fond sont prématurées » répondait hier le porte-porte du gouvernement. Même l’opposant Guy Brice Parfait Kolelas se dit inquiet de voir ainsi le sort des populations du Pool lié à l’épineux dossier « des prisonniers politiques ».

Rfi.fr