Couac en Indonésie: le chef des armées interdit de territoire américain

Le chef des armées s’apprêtait à prendre l’avion ce week-end lorsqu’il s’est vu signifier une interdiction d’accès au territoire américain. Un couac diplomatique alors que le militaire le plus haut gradé d’Indonésie devait participer lundi 23 octobre à une conférence à Washington, consacrée à la lutte contre l’extrémisme. L’Indonésie, qui ne fait pas partie des pays touchés par l’interdiction de voyager aux Etats-Unis, attend à présent des explications et un représentant de l’ambassade américaine a été convoqué aujourd’hui par Djakarta.

Avec notre correspondant à Jakarta,  Joël Bronner

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Le chef d’état-major indonésien, Gatot Nurmantyo, le 5 janvier 2017, à Jakarta.

Une crise diplomatique menace d’éclater entre Washington et Jakarta. « Nous avons demandé une clarification de la part des Etats-Unis et nous l’attendons toujours. » Voilà pour la réaction ce week-end de la cheffe de la diplomatie indonésienne. Un bref message de l’ambassade américaine a évoqué un peu plus tard les excuses de l’ambassadeur, tout en réaffirmant l’engagement de Washington dans son partenariat avec l’Indonésie.

Mais le mal est fait. C’est à l’aéroport de Jakarta, au moment d’embarquer que Gatot Nurmantyo, le chef de l’armée, a appris qu’il était interdit de séjour aux Etats-Unis, alors qu’il disposait d’un visa en règle et qu’il s’y était déjà rendu en 2016. Si certains militaires indonésiens, accusés de violation des droits de l’homme, sont effectivement interdits de territoire américain, ce n’est pas le cas de leur chef. Et c’est donc sans raison apparente que le premier militaire de cette puissante démographie asiatique – que ses partisans aimeraient voir se présenter à la prochaine élection présidentielle – a été refoulé.

Cette vraisemblable bourde ne va pas améliorer les relations entre les deux pays, alors que des documents de l’ambassade américaine, déclassifiés la semaine dernière, en apprennent long sur les massacres de 1965, commis par l’armée indonésienne au nom, officiellement, de la lutte contre les communistes. Un sujet qui demeure extrêmement sensible, pour ne pas dire tabou, en Indonésie.

Rfi.fr