Crise en Allemagne: Frank-Walter Steinmeier contre de nouvelles élections

L’Allemagne est paralysée. Après un week-end marathon, les libéraux ont claqué la porte dimanche soir. Il n’y aura pas pour l’instant de « coalition Jamaïque » avec les Verts et la CDU d’Angela Merkel. La chancelière ainsi confrontée à sa plus grave crise politique en 12 ans de pouvoir a rencontré ce lundi le président Franck Walter Steinmeir pour trouver une issue. 

Avec notre correspondant à Berlin,  Pascal Thibaut

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Le président allemand Frank-Walter Steinmeier lors de son allocution télévisée ce lundi 20 novembre.

« Une situation inédite depuis la fondation de la RFA ». Frank-Walter Steinmeier a souligné dans une brève déclaration la gravité de la situation. Jamais depuis 1949, le pays ne s’était retrouvé dans l’impasse pour constituer un gouvernement après des élections.

Le président de la République a un rôle non négligeable dans cette première, car seul lui peut décider à l’arrivée d’une dissolution du Parlement. Hors Frank-Walter Steinmeier se montre réticent. Il a rappelé que les partis ont après les élections reçu un mandat pour former un gouvernement et doivent assumer leurs responsabilités. Pas question donc de renvoyer d’office la balle au souverain.

Le président allemand veut discuter avec les différents partis susceptibles de former une coalition avec d’autres forces. Cela vaut donc aussi pour ses camarades sociaux-démocrates. Ils ont réitéré avec une motion adoptée à l’unanimité leur refus d’une nouvelle grande coalition avec les chrétiens-démocrates d’Angela Merkel. Le SPD affirme ne pas craindre de nouvelles élections. 

L’ancien candidat social-démocrate à la chancellerie Steinmeier, deux fois ministre des Affaires étrangères d’une certaine Angela Merkel va aussi en appeler au sens des responsabilités de ses camarades. Mais il n’est pas Jupiter et ne peut pas imposer leur décision aux partis politiques.

Les partis ont concouru lors des élections du 24 septembre dernier pour assumer leur responsabilité pour notre pays.
Le président Frank-Walter Steinmeier20/11/2017 – par Pascal ThibautÉcouter

Ce qu’en pensent les Allemands

Depuis dimanche soir, le grand jeu consiste à savoir qui est responsable de la rupture des négociations. Le parti libéral qui a claqué la porte a été beaucoup critiqué. Les Allemands rencontrés à Berlin ont des avis partagés : « J’ai l’impression que le FDP avait planifié les choses, donc les libéraux sont les responsables » dit cet homme. « Je me réjouis que le FDP ait rompu les négociations parce ce que ça n’aurait pas marché » affirme cette berlinoise..

Même si la durée des négociations, un mois, avait réduit l’enthousiasme des Allemands pour une « coalition jamaïcaine », cette solution avait le soutien d’une majorité d’électeurs qui aujourd’hui sont critiques : « Je suis choquée. On vote et ils n’arrivent pas à se mettre d’accord. C’est vraiment dommage », regrette une berlinoise.

Deux options se présentent désormais. Un gouvernement Merkel minoritaire avec les risques d’instabilité qui y sont liés. Ou bien de nouvelles élections, la solution préférée des électeurs d’après un sondage réalisé depuis dimanche soir : « Une telle incertitude, c’est frustrant. Je suis pour de nouvelles élections si il n’y a pas d’autre solution » dit cet électeur. Un autre se dit « sceptique pour de nouvelles élections car ça pourrait profiter aux populistes de l’Alternative pour l’Allemagne. »

Une chose est sûre depuis son interview télévisée de lundi, Angela Merkel sera la candidate de son parti si de nouvelles élections ont lieu. Cette dame lui fait confiance : « Angie est une femme forte. Elle va s’en sortir ! »

Rfi.fr