Cuba: l’Etat suspend l’octroi des licences pour les travailleurs privés

Le gouvernement cubain a suspendu temporairement l’octroi de nouvelles licences pour une trentaine d’activités dans le petit entrepreneuriat privé. Il s’agit des activités les plus demandées telles que la gestion d’auberges et restaurants privés, très prisés des touristes, ou la construction. L’objectif est de lutter contre la fraude fiscale dans ces secteurs qui emploient plus d’un demi-million de Cubains.

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Cubains et touristes devant un restaurant privé à la Havane, le 1er août 2017.

Le gouvernement cubain a décidé de prendre le temps de réviser tout le système de l’entrepreneuriat privé. Il part du constat que depuis l’ouverture de l’initiative privée, il y a eu beaucoup de fraudes fiscales.

Les travailleurs privés sous évaluent leurs revenus et se procurent leurs matières premières au marché noir. Ils contribuent ainsi au développement d’une économie parallèle.

Mais pour l’économiste cubain Omar Everleny Pérez, la mesure du gouvernement va freiner l’expansion du secteur privé. « Je comprends que l’Etat cubain ait besoin de contrôler la situation. Mais en même temps, il doit donner un délai clair à cette suspension, par exemple six mois ou un an, estime l’expert. Car beaucoup de mesures dites temporaires pour des raisons conjoncturelles ont été prises à Cuba et elles sont toujours là. Pour moi, cette mesure est un pas en arrière parce qu’elle paralyse la dynamique de l’initiative privée qui est en train d’améliorer le niveau de vie des travailleurs, ce que l’Etat ne peut pas faire avec ses bas salaires. Donc, de ce point de vue, il y a un retour en arrière. »

Dans le cadre de cette réforme, certains travailleurs privés comme ceux qui louent des chambres chez l’habitant ou les restaurateurs devront ouvrir des comptes bancaires vérifiables par le fisc. 

Rfi.fr