La Défense sud-coréenne propose au Nord une rencontre à la frontière

C’est une main tendue. Séoul a proposé à Pyongyang, ce lundi 17 juillet 2017, d’engager des discussions pour faire retomber la pression sur la péninsule de Corée, après le tir d’un missile balistique intercontinental par le Nord. Le ministère sud-coréen de la Défense propose un rendez-vous vendredi. La Croix-Rouge suggère une reprise des réunions familiales intercoréennes.

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Le président sud-coréen Moon Jae-in, le 22 juin 2017 au palais présidentiel de Séoul, la Maison Bleue.

Il s’était engagé pendant la campagne à privilégier le dialogue avec le régime de Kim Jong-un. Le nouveau président sud-coréen Moon Jae-in, au pouvoir depuis mai dernier, a lancé son invitation ce lundi. Une première depuis décembre 2015.

« Nous faisons la proposition d’une réunion visant à mettre un terme aux activités hostiles qui font monter la tension militaire le long de la frontière terrestre », a déclaré le ministère sud-coréen de la Défense dans un communiqué.

Destituée en mars, l’ancienne présidente Park Geun-Hye avait refusé de reprendre les échanges tant que la Corée du Nord, sous sanctions internationales, ne prenait pas de mesure concrète vers une dénucléarisation.

Vers une pause à la frontière pour l’anniversaire de l’armistice de 1953

Ostensiblement irritée par l’attitude du régime nord-coréen, l’administration Trump prépare de nouvelles sanctions sur les banques et les sociétés chinoises commerçant avec Pyongyang. La tension est donc palpable.

Il y a dix jours, Moon Jae-in avait déjà réaffirmé qu’en vue d’un apaisement, face au programme d’armement de son turbulent voisin, reprendre langue avec le Nord devenait plus nécessaire que jamais.

En guise de bonne foi, le président sud-coréen a suggéré un arrêt des activités « hostiles » à la frontière intercoréenne le 27 juillet prochain, à l’occasion de l’anniversaire de l’armistice de 1953 (guerre de Corée).

Séoul considère habituellement la diffusion de propagande par haut-parleurs à la frontière comme une activité hostile. Pyongyang pense la même chose des exercices militaires conjoints entre la Corée du Sud et les Etats-Unis.

Le « village de la trêve » sera-t-il ressuscité le temps de rencontres ?

Le 4 juillet dernier, jour de la fête nationale américaine, Pyongyang a franchi un capmilitairement en procédant à un tir – réussi – de missile balistique intercontinental (ICBM) pour la première fois de son histoire.

A ces progrès balistiques s’ajoutent les essais nucléaires de Pyongyang. Depuis 2006, la Corée du Nord a réalisé cinq essais nucléaires, dont deux depuis le début de l’année 2016.

Point crucial, quoique contesté par Washington et Séoul, Pyongyang prétend à l’heure actuelle être doté de technologies permettant de monter une tête nucléaire sur un missile balistique intercontinental.

Suh Choo-suk, vice-ministre sud-coréen de la Défense, propose que la réunion se tienne vendredi 21 juillet à Tongilgak, un bâtiment situé tout près de la frontière dans le « village de la trêve », Panmunjom.

Vers une reprise des émouvantes retrouvailles familiales intercoréennes ?

La Croix-Rouge en a profité pour suggérer la tenue d’une autre réunion le 1er août, en vue de lancer – en octobre prochain d’ici la fête de Chuseok – une nouvelle série de « réunions de famille » entre le Nord et le Sud.

Des millions de Coréens ont vu leurs familles séparées en raison de la partition issue de la guerre de 1950-1953, conclue par une armistice plutôt qu’un traité de paix. Entre les deux pays, les lettres et coups de téléphone sont interdits.

Depuis 2000, une rencontre intercoréenne entre membres d’une même famille avait lieu tous les ans. Mais l’accroissement de la tension a fait baisser le rythme et Pyongyang a annulé plusieurs réunions à la dernière minute.

Rfi.fr