Dégradation périlleuse de l’environnement en Inde

L’Inde est une des puissances qui connaît l’une des plus importante croissance économique au monde, mais cela semble s’accompagner d’une dégradation périlleuse de son environnement. La semaine dernière, des chercheurs américains ont rendu public le rapport appelé « Indice de performance environnemental » ; il place l’Inde à l’une des dernières places au monde, avec une chute dramatique depuis deux ans.

De notre correspondant à New Delhi,

media
Inde est classé 177e sur 180 pays dans le rapport 2018 de l’Indice de performance environnementale.

L’Indice de performance environnementale (IPE) est publié tous les deux ans par des chercheurs des universités de Yale et de Columbia, aux Etats Unis, en partenariat avec le forum économique mondial de Davos. Ce rapport analyse la santé environnementale de 180 pays en prenant en compte 24 facteurs, depuis la préservation de l’agriculture jusqu’à la qualité de l’air et de l’eau. Le classement de l’Inde est dramatique : il a chuté de la 140e à la 177e place en deux ans, devançant à présent seulement le Bangladesh, le Burundi et la République démocratique du Congo, qui sont aussi dans une situation tragique.

L’Inde à la 177e place sur 180

La qualité de l’air a en effet empiré de manière alarmante. L’Inde se place dans ce domaine, à la troisième place en partant de la fin. On parle régulièrement de la pollution de New Delhi, mais le problème est bien plus large comme le prouve l’installation de capteurs dans ces métropoles de taille moyenne ainsi qu’à des images satellites plus précises. Dix des 20 villes les plus polluées au monde se trouvent en Inde, et la pire d’entre elles est Gwalior, métropole du centre du pays qui compte à peine 1 million d’habitants mais beaucoup d’industries polluantes et une explosion du nombre de véhicules. 

Ces deux facteurs sont à la source du problème en Inde : les transports publics sont défaillants face à un rapide exode rural ce qui pousse les habitants à se déplacer en voitures ou moto. De plus les rejets des usines au charbon ne sont pas correctement filtrés. Ces centrales avaient jusqu’à décembre dernier pour installer des filtres et réduire les émissions de souffre et d’oxyde d’azote, des particules fines très toxiques, mais elles ont échoué à le faire. Et le gouvernement leur a donné encore 5 ans supplémentaires pour mettre ces filtres en place, ce qui semble insensé.

Forte croissance dans le domaine de l’énergie solaire

Une bonne nouvelle, d’abord, est que l’énergie solaire est maintenant devenue moins cher que celle au charbon dans la plupart des Etats indiens, ce qui freine l’utilisation des centrales thermiques. Mais il ne faut pas rêver non plus : le solaire ne remplacera pas complètement le charbon. Une grande ville comme New Delhi a commencé à prendre la mesure des choses, en imposant un plan d’action qui a commencé à porter ces fruits cette année. Mais cela mettra beaucoup de temps avant que les plus petites villes, moins bien organisées, emboîtent le pas. Le fléau de la pollution atmosphérique ne devrait donc pas disparaître de si tôt en Inde.

Par Sébastien Farcis
Rfi.fr