Des dirigeants du monde entier à Jérusalem pour les obsèques de Shimon Peres

Des dizaines de dirigeants se rendent vendredi à Jérusalem pour les obsèques de Shimon Peres, mort mercredi. À cette occasion, les mesures de sécurité ont été portées à leur niveau maximale.

Jérusalem a été placée vendredi 30 septembre sous protection policière maximale alors que la ville trois fois sainte accueille des dizaines de dirigeants du monde entier pour les obsèques de l’ancien président et Premier ministre israélien Shimon Peres, mort mercredi.

Le président américain Barack Obama, ses homologues français et allemand, le prince Charles, le roi d’Espagne mais aussi le président palestinien Mahmoud Abbas, rare représentant de haut niveau du monde arabe, se réuniront au cimetière national du mont Herzl pour saluer la mémoire du prix Nobel de la Paix.

En tout, quatre-vingt-dix délégations de 70 pays d’Europe, d’Amérique, d’Asie ou d’Afrique sont annoncées, selon le bureau de Shimon Peres.

Israël n’a pas connu de tel évènement au moins depuis les funérailles en 1995 d’Yitzhak Rabin, qui avait été récompensé en même temps que Shimon Peres et le leader palestinien Yasser Arafat du Nobel de la paix en 1994. Huit mille policiers ont été mobilisés. La sécurité intérieure chargée de la protection des personnalités a dit déployer des centaines d’agents.

La crainte d’un attentat est d’autant plus grande que les obsèques coïncident avec le début des congés des grandes fêtes juives. Les autorités israéliennes redoutent un accès de violences palestiniennes.

La cérémonie sera ponctuée de prières, de rites funéraires juifs mais aussi de discours des plus hauts dirigeants israéliens ainsi que du président Obama et de l’ancien président américain Bill Clinton qui diront leur affection et leur admiration pour Shimon Peres.

Premier accord d’Oslo

Bill Clinton, arrivé jeudi, n’a pas attendu les funérailles pour aller saluer celui qu’il appelait un « ami véritable ». Son cercueil ceint du drapeau bleu et blanc frappé de l’étoile de David avait été exposé sur le parvis du Parlement toute la journée pour que les Israéliens fassent leurs adieux à celui que tout le monde ici appelait Shimon et dont l’image était intimement associée à l’ascension d’Israël, de la naissance au statut de puissance régionale.

Bill Clinton avait présidé en 1993 à la signature du premier accord d’Oslo et à la fameuse poignée de mains entre les ennemis israélien et palestinien d’autrefois.

Shimon Peres, mort mercredi à 93 ans des suites d’un accident vasculaire cérébral, était le dernier survivant des trois récipiendaires du Nobel de la paix 1994 reconnaissant leur implication dans le premier accord d’Oslo. L’accord jetait les bases d’une autonomie palestinienne et offrait un espoir aujourd’hui bien lointain de règlement du conflit israélo-palestinien.

Malgré Oslo et la conversion à la paix de cet ancien faucon, les Palestiniens ont une image bien plus sombre de lui, en instigateur de la colonisation juive et en homme de guerre et de l’occupation.

Avec AFP