Donald Trump, Theresa May, Marine le Pen, François Fillon et Benoit Hamon… Les marchés perturbés et les milieux d’affaires inquiets par la conjoncture politique

Les incertitudes politiques se sont encore invitées sur les marchés qui commencent sérieusement à perdre leur calme.

La bourse américaine, Wall Street et Nasdaq, depuis le début de la semaine, et les bourses européennes depuis 24 heures, ont perdu leur calme pour une seule et même raison : la multiplication des incertitudes politiques partout en occident.

La conjoncture économique n’est pas brillantissime, mais les indicateurs de consommation, d’investissement et d’emplois sont plutôt mieux orientés pour 2017. La zone américaine semblait plutôt bien anticiper les projets de relance budgétaire annoncés par le nouveau président. Quant à l’Europe, elle commençait à intégrer et à assumer les effets du Brexit, même si tous les pays de l’Union ne se retrouvaient pas sur la même longueur d’onde. La France par exemple continuait d’être gênée par les facteurs structurels alors que l’Europe du nord et l’Allemagne enregistraient une évolution plus dynamique.

Donald Trump, Theresa May, Marine le Pen, François Fillon et Benoit Hamon… Les marchés perturbés et les milieux d’affaires inquiets par la conjoncture politique

En quelques jours, les nuages chargés des incertitudes politiques sont venus obscurcir les anticipations et perturber les indicateurs sur les marchés boursiers et sur les changes.

1°C’est aux Etats-Unis où les écarts ont été les plus violents. Apres l’euphorie qui a salué l’élection de Donald Trump, les investisseurs considèrent que le président américain sème un véritable trouble. A tel point d’ailleurs que les appels à la destitution se multiplient et que beaucoup estiment déjà qu’il ne pourra pas terminer son mandat dans ces conditions de désordre et d’impréparation.

Ses projets de soutien systématique à l économie américaine, sa promesse de lancer une vague d’investissement public ou d’équipement collectifs, son programme de dérégulation et de baisse d’impôts avaient été très bien accueilli par l’opinion américaine et par les marchés qui voyaient dans ce programme un booster qui serait venu prendre le relai du moteur monétaire que la FED voulait freiner.

Le problème est que les premières décisions annoncées et signées dans le bureau ovale par Trump, alors que son équipe n’est pas complètement installée, ont créé un trouble. Sa détermination à freiner les importations mexicaines, ses critiques à l’encontre de la Chine, puis de l’Europe et surtout de l’Allemagne ont, quand même été mal reçues par la communauté des affaires. Les décrets qui empêchent l’accès au territoire américain de citoyens originaires de sept pays du Moyen-Orient sous le prétexte de lutter contre le risque terroriste ont suscité de l’émotion et de la colère.

Une majorité de chefs d’entreprise, et notamment ceux qui travaillent dans les nouvelles technologies réagissent assez violemment en soulignant que la force   de l’Amérique lui a été apportée en grande partie par les immigrants à toutes les époques de son histoire. Cette affaire conjuguée aux risques du protectionnisme a passablement refroidi les marchés qui se sont donc retournés. Ils attendent les mesures fiscales, ils attendent les dérèglementations promises et les plans d’investissement, mais en attendant ils ont singulièrement perturbés. En fait comme dans beaucoup de pays, ils pensaient que le président américain ne ferait pas exactement ce qu’il avait dit qu’il ferait pour être élu. La vraie surprise, c’est que pour la première fois, le président élu change les codes. Et c’est d’autant plus violent que les contrepouvoirs américains ne sont pas encore branchés. D’où ce sentiment de désordre et de surprise.

Atlantico Business