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Dossier Masa 5 – Pourquoi le public boude-t-il tant le Masa 2018 ?

Nous avons approché des professionnels du milieu showbiz pour leur poser deux questions :
1 – Selon eux, quelles sont les raisons de ce désintérêt du public vis-à-vis du Masa ?
2 – Quelles solutions proposent-ils pour que les choses changent ?

Lire aussi : Dossier Masa 1 : Pourquoi le public boude-t-il tant le Masa 2018 ?

• Bléhiri Serge Alex (Journaliste – Producteur, Manager et Promoteur de spectacles)
1 – Les raisons des échecs répétés du Masa, tout le monde les connaît. Mais réellement personne ne parle car si tu parles, le Comité d’organisation pourrait ne pas t’inclure dans le “deal”, un jour ou l’autre. Parce qu’en fait et malheureusement… c’est un “deal” qui permet à un groupe d’amis de “manger” avec leurs amis qui ne disent rien. Ce n’est pas tant un problème d’amateurs ou de professionnels. Les gens sont des professionnels ailleurs, mais arrivés au Masa ils agissent en amateurs, car il faut se taire, manger et attendre le prochain budget.

Lire aussi : Dossier Masa 4 – Pourquoi le public boude-t-il tant le Masa 2018 ?

“C’est pas notre argent, c’est l’argent tombé du ciel, on mange et on avance…” Voilà un peu résumé l’idée que se font ces décideurs du Masa. Moi j’ai vu des vrais professionnels du showbiz travailler dans le Masa et être totalement muets face à des énormités qu’ils n’auraient pas acceptées ailleurs… Mais ils se taisent, on leur donne pour eux et on passe à autre chose. Voici un événement qui est entièrement financé à coups de milliards, et pour lequel il y a forcément un cahier de charges et des objectifs. Mais après chaque édition, on ne demande aucun compte aux organisateurs sur l’utilisation faite de l’argent du contribuable.

Lire aussi : Dossier Masa – 3 : Pourquoi le public boude-t-il tant le Masa 2018 ?

Y a pas de bilan, il n’y a aucun contrôle ; pourtant les dysfonctionnements sont tellement flagrants et choquants que on s’attend à un séisme. Les Européens mêmes qui viennent comme invités, repartent choqués. Ceux qui décident de revenir, ont compris qu’ils peuvent se sucrer… Donc au diable, la culture africaine ! A la lagune, les critiques de quelques journalistes qui seront traités d’aigris… Et puis ça ne va nulle part. J’entends des gens dire que les spectacles payants sont une des causes de cet échec. Je pense le contraire, car les Ivoiriens ont donné la preuve que le prix n’est pas un obstacle pour eux. C’est plutôt ce qui leur est proposé qui peut être un frein. Or, ce Masa avait certainement des bons et intéressants programmes, mais l’événement lui-même n’a pas été promu. Le grand public, les spécialistes et les gens du showbiz n’ont pas été informés à temps. Autrement dit, la promo a été faite comme s’il s’agissait d’un événement de quartier.

Lire aussi : Dossier Masa 1 : Pourquoi le public boude-t-il tant le Masa 2018 ?

2 – Les solutions aussi on les connaît tous. Il faut que les promoteurs ivoiriens quittent dans la logique du “mangement” (se sucrer) pour s’inscrire dans celle du rendement qui est la seule garantie d’un “mangement” solide à l’infini. Même si les financements du Masa viennent du public institutionnel, il faut professionnaliser et privatiser la gestion et l’organisation de l’événement. Il faut procéder par appel d’offres pour sélectionner les prestataires et il faut un contrôle permanent. S’i y a fiasco, il faut situer les responsabilités et changer de cap. Côté promo, il faut adapter la communication au monde aujourd’hui… on ne peut promouvoir le Masa qui a un budget chiffré en milliards, comme si on faisait la promo d’un bal de quartier. A ce sujet, il faut investir les espaces sonorisés et autres coins de live, c’est là-bas le cœur de cible. Et puis entre nous, il faut arrêter de donner des miettes aux artistes qui viennent jouer au Masa Festival.

Bakou Le First

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