Egypte: l’inflation galopante exacerbe la population

Le gouvernement égyptien continue de réduire ses subventions à l’essence, au gaz et à l’électricité pour répondre aux conditions du Fonds monétaire international et assainir les finances de l’Etat. Certains carburants ont augmenté de 50% et la bouteille de gaz double de prix. Des mesures qui passent très mal en Egypte auprès de la population qui souffre déjà d’un taux d’inflation record.

Avec notre correspondant au Caire,  François Hume-Ferkatadji

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Les chauffeurs de taxi sont également touchés par la hausse des prix de l’essence, ici le 29 juin 2017 au Caire.

A 14h ce dimanche, un vendeur de falafels nettoie sa petite échoppe. A cette heure-là, les clients fuient la chaleur étouffante du Caire. Tôt le matin, il achetait une nouvelle bonbonne de gaz qui lui sert à faire mariner ses aubergines, ou cuisiner sa moussaka. Son coût a pratiquement doublé. Par conséquent il va lui aussi augmenter ses prix de 50%. « Oui ! Qu’est-ce que je peux faire ? Tout augmente et si moi je n’augmente pas mes prix, je vais perdre de l’argent, mais si je pouvais le faire, je ne le ferais pas, les gens souffrent déjà trop. »

Les chauffeurs de taxi sont également touchés par la hausse des prix de l’essence, eux qui se plaignent déjà de la concurrence des applications comme Uber ou Careem. Nous roulons avec Hossam autour de la place Tahrir. Il réagit à la manifestation de la veille, une poignée de jeunes a bloqué un pont pendant quelques minutes : « Je les soutiens à 100%, mais malheureusement des mouvements individuels ou de petits groupes n’auront jamais d’influence, il faut des gros mouvements de foule. Personne n’accepte ce qui se passe, mais tout le monde laisse faire, parce qu’on n’a pas le choix, si tu parles on t’accuse d’être un terroriste, ou un Frère musulman, ou alors un agent payé par l’étranger. »

Pour protester contre ces augmentations de prix, de nombreux chauffeurs de taxi ont décidé de ne plus allumer leur compteur avant la course.

Rfi.fr