Électeurs de gauche à la primaire à droite : Sarkozy accuse le camp Juppé de « parjure »

CHRONIQUE DE LA PRIMAIRE – En meeting à Reichstett (Bas-Rhin) lundi soir, Nicolas Sarkozy s’en est pris violemment aux partisans d’Alain Juppé, et notamment Jean-Pierre Raffarin. Ce dernier a incité les électeurs de gauche à voter à la primaire à droite. Du « parjure », accuse l’ancien Président.

Vol », « parjure »… En meeting à Reichstett (Bas-Rhin), Nicolas Sarkozy a peaufiné lundi soir sa stratégie visant à invalider (symboliquement du moins) la candidature d’Alain Juppé à la primaire de la droite et du centre. Une stratégie insufflée depuis plusieurs jours par son camp, et qui consiste à accuser le favori du scrutin de saborder ce dernier en allant chercher les électeurs de gauche.

Deux stratégies opposées

Ce qui n’est pas totalement faux : face à lui, le camp Juppé ne cesse d’inciter tous les Français à participer activement à la primaire, conscient qu’une base élargie, et non réduite aux seuls sympathisants Les Républicains, lui profitera largement. Les propos de Nicolas Sarkozy lundi soir faisaient notamment écho aux propos de l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin. Partisan d’Alain Juppé, ce dernier a soutenu dimanche dans Libération les électeurs de gauche, « ou plutôt les électeurs déçus », qui souhaiteraient déterminer le candidat qui, à droite, est susceptible d’affronter Marine Le Pen au second tour en mai 2017, si la gauche était éliminée dès le premier tour.

D’où le leitmotiv de Nicolas Sarkozy, qui débute désormais chaque meeting avec cette formule : Comptez sur moi pour que l’on ne vous vole pas le débat de la primaire.

A Reichstett, l’ancien chef de l’Etat a lancé une salve supplémentaire contre le camp Juppé, qu’il accuserait presque de haute trahison pour ses clins d’oeil répétés à l’électorat de gauche :

Où est la sincérité quand on est parjure en invitant des électeurs de gauche à venir voter à la primaire ?Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy, qui refuse d’être « le candidat à la primaire de la droite, du centre et de la gauche » (vidéo ci-dessous), a lancé un avertissement à ses adversaires – et surtout à l’électorat de droite – : « Quand on cherche à se faire élire avec des voix de gauche, on se prépare à mener une politique qui donnera des gages à la gauche », a-t-il lancé.

En déroulant en meeting ses thématiques favorites, « les racines », le « mode de vie »,  la « suspension des allocations familiales » contre l’absentéisme scolaire ou encore le gel du regroupement familial, Nicolas Sarkozy a donné des gages, lui, à un électorat très éloigné de la gauche.