Election d’une Constituante au Venezuela: l’Eglise hausse le ton contre le scrutin

Au Venezuela, l’Eglise catholique hausse le ton. La semaine dernière, la Conférence épiscopale vénézuélienne, qui représente la voix des évêques et des archevêques du pays, avait dénoncé « une dictature ». Cette semaine, elle persiste et signe en demandant au gouvernement de retirer son projet de Constituante. L’élection de cette Assemblée nationale constituante est fixée au 30 juillet prochain.

avec notre correspondant à Caracas, Julien Gonzalez

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Oscar Perez, un policier qui aurait participé à une attaque sur des bâtiments officiels de la capitale vénézuélienne
à bord d’un hélicoptère fin juin, a fait une brève apparition jeudi 13 juillet à un rassemblement d’opposants à Caracas.

Pour la Conférence épiscopale vénézuélienne, pas de doute : « la Constituante ne fera qu’aggraver la crise ». Lançant « un message urgent aux catholiques et personnes de bonne volonté au Venezuela », elle exige du gouvernement le retrait pur et simple de la Constituante comme l’explique monseigneur Victor Basabe, secrétaire général de la Conférence épiscopale. « Le projet de la Constituante prétend imposer au pays un régime dictatorial. Tout laisse entrevoir que le but recherché, c’est d’instaurer un Etat socialiste, marxiste et militaire avec la disparition de l’autonomie des pouvoirs, en particulier le pouvoir législatif ».

Si le Président Nicolas Maduro assure que « la Constituante garantira la paix », l’opposition, majoritaire au Parlement, y voit « un coup d’Etat » : elle appelle à participer à un vote non officiel qu’elle organise ce dimanche 16 juillet pour se prononcer notamment sur la Constituante. Un référendum sans la participation du Conseil national électoral que l’opposition accuse de « complicité » avec le gouvernement.

Le vote du 16 juillet est une « bonne occasion » de s’exprimer pour la Conférence épiscolape

L’Eglise catholique encourage aussi les Vénézuéliens à participer à ce vote organisé par l’opposition ce dimanche pour se prononcer sur la Constituante. « Cette consultation est possible et elle est prévue dans la Constitution. Nous invitons le peuple vénézuélien à participer à cette initiative, insiste monseigneur Victor Basabe. Je crois qu’une chose nécessaire en ce moment dans le pays, c’est que les Vénézuéliens puissent dire ce qu’ils pensent. Et le vote prévu ce 16 juillet est une bonne opportunité de le faire. »

Bien que cette consultation n’ait qu’une portée symbolique, le camp Maduro a annoncé de son côté qu’il déposera un recours pour la faire annuler.

Il faut dire que le contexte est particulièrement tendu : cela fait plusieurs semaines que l’opposition manifeste presque quotidiennement dans tout le pays en appelant à des marches ou à des blocages de routes. Des mobilisations qui ont fait 95 victimes depuis début avril.

Rfi.fr