Elections en Angola: João Lourenço, successeur naturel de Dos Santos

En Angola, avec plus de 64% des suffrages, le MPLA remporte les élections, selon les chiffres de la Commission nationale électorale. Mais après 38 ans au pouvoir, le président Dos Santos a décidé de passer la main. C’est son ministre de la Défense,  João Lourenço, qui va prendre la tête du pays. Cet homme est l’un des apparatchiks du MPLA.

João Lourenço lors d’une conférence de presse à Luanda le 22 août 2017.

Il l’avait rappelé lui-même en février, quand il a été officiellement désigné candidat : « Cela fait longtemps que je me prépare à cette fonction et que l’on m’y prépare. Je suis un cadre du MPLA depuis des années » avait alors souligné João Lourenço

Né en 1954 à Lobito dans l’ouest du pays, ce compagnon de longue date de José Eduardo dos Santos comme lui, étudiant en ex-URSS, baigne dans les idéaux marxistes-léninistes. C’est d’abord sur le terrain militaire qu’il s’engage, en 1974, en combattant pour l’indépendance de l’Angola. Dix ans plus tard, sa carrière prend un tour plus politique. Le général devient gouverneur et commence son ascension au sein du MPLA. Il est successivement chef de section politique de l’ex-branche armée du parti, président de groupe au sein du Parlement et vice-président de l’Assemblée.

Un fidèle du président

Ce fidèle du président connait toutefois une période de disgrâce, dans les années 90, pour avoir laissé paraitre, déjà à l’époque, des velléités de succéder à Dos Santos. Un temps écarté, il revient sur le devant de la scène comme ministre de la Défense avant de rejoindre le cercle restreint des dauphins potentiels à l’été 2016 en prenant la vice-présidence du parti, pas étonnant donc que son slogan ait été « la continuité dans la rénovation ».

«Le programme du gouvernement 2017-2022 : Améliorer ce qui est bien, corriger ce qui est mauvais», une affiche du siège du MPLA, le parti-Etat © RFI/Sonia Rolley

S’il a promis un miracle économique et de lutter contre la corruption, sa marge de manœuvre risque d’être limitée avec l’ex-président toujours aux manettes du parti et ses proches placés à des postes-clés. Mais à ceux qui ne verraient en lui qu’une marionnette de son prédécesseur, il répond : « Il n’y aura pas deux présidents de la République ».

Rfi.fr