Elections au Liberia: effervescence palpable à Monrovia pour le jour J

Ce 10 octobre, les bureaux de vote ont ouvert à l’heure, à 8h pile, à Monrovia au Liberia pour ce jour d’élections générales : des législatives et une présidentielle pour élire le successeur d’Ellen Johnson Sirleaf qui ne peut pas se représenter. Vingt candidats sont sur les rangs pour un scrutin qui s’annonce serré.

Des Libériens font la queue aux abords d’un bureau de vote le 10 octobre 2017 à Monrovia, la capitale.

Ce 10 octobre au matin, à Monrovia, au Liberia, un électeur résumait le sentiment général : « Je suis très fier d’avoir voté pour notre numéro un, je suis un citoyen de ce pays et j’ai le droit de vote », explique-t-il.

« Nous prions pour que nos meilleurs candidats l’emportent, poursuit-il, que tout se passe bien et qu’il n’y ait pas de violence » après des années de terrible guerre civile au Liberia.

Les rues de Monrovia étaient quasi désertes ce matin. Les habitants de la capitale se sont donné rendez-vous dans les bureaux de scrutin ou chaque électeur attend patiemment son tour.

La dernière fois, en 2011, le taux de participation électorale était de 70%. Il pourrait être encore plus élevé cette fois-ci, surtout chez les jeunes. Un électeur sur cinq a moins de 23 ans au Liberia, et tout indique qu’ils sont très mobilisés.

La directrice de Partners West Africa, une ONG basée à Dakar, le docteur Aidara, est à Monrovia pour observer le déroulement du scrutin. « On sent un vent de démocratie, de démocratisation des citoyens, de conscience, je pense qu’il y a aussi de l’effervescence. L’effervescence des jeunes, le dynamisme, l’envie de changer. Et je pense qu’il y a aussi l’influence des autres pays africains, on parlait du Burkina, de la Côte d’Ivoire, du Sénégal, mais aujourd’hui ce qui s’est passé au Kenya, cela donne des idées aux jeunes libériens ».

Une longue liste de 40 candidats

Pour le déroulement du vote en tant que tel, il ne s’agit pas de compter des billes, comme en Gambie, ou d’un vote électronique, comme au Kenya. Il s’agit d’un bon vieux bulletin de vote mais qui consiste en une longue liste où figurent les 40 photographies des candidats à la présidence et à la vice-présidence. Sans parler des symboles des vingt partis politiques qu’ils représentent.

Tous les candidats sont représentés, y compris le vice-président Joseph Boakai, le candidat du Parti de l’Unité au pouvoir, et George Weah, le footballeur de légende que ses supporters surnomment « le roi George ».

Seule Ellen Johnson Sirleaf est évidemment absente. La présidente sortante n’a pas le droit de briguer un troisième mandat. À l’avenir, il est question qu’elle donne des conférences à l’université de Georgetown aux États-Unis.

À Monrovia, les médias, les réseaux sociaux et les panneaux publicitaires de la commission électorale martèlent tous le même message aujourd’hui : il faut voter « sans violence ». Pour l’instant, il semble avoir été bien reçu.

Rfi.fr