Enquête russe: l’équipe Trump dénonce des irrégularités

Aux Etats-Unis, l’enquête sur les soupçons d’ingérence russe lors de la dernière présidentielle continue d’empoisonner la présidence de Donald Trump. Le procureur spécial se rapproche en effet dangereusement de la Maison Blanche et utilise tous les moyens possibles pour mesurer la collusion potentielle entre Moscou et l’entourage de Trump. Robert Mueller aurait notamment récupéré plusieurs dizaines de milliers de courriels, mais en les réclamant directement à une agence fédérale. Une méthode que condamnent les avocats du président américain.

Avec notre correspondant à New York,  Grégoire Pourtier

media
Ancien directeur du FBI, Robert Mueller, ici au Capitole le 21 juin 2017, est le procureur chargé d’enquêter sur de possibles ingérences russes dans la campagne présidentielle de Donald Trump. 

Lors de ses interrogatoires, l’équipe du procureur spécial Robert Mueller a parfois surpris ses interlocuteurs en évoquant des informations inattendues. On sait désormais que les enquêteurs disposent de milliers de courriels datant de la période de transition, entre l’élection de Donald Trump, en novembre 2016, et sa prise de fonction, en janvier dernier.

La Maison Blanche s’en étonne, puisqu’elle n’avait elle-même rien transmis, et s’en offusque, estimant que la pratique est illégale. « Nous suivons toujours la procédure pénale appropriée », a rétorqué le porte-parole du procureur. Dans ce cas, c’est l’administration des services généraux, une agence fédérale, qui a fourni ces correspondances cruciales.

Des mails potentiellement embarrassants

Pour l’entourage de Trump, en fonction de ce que les enquêteurs trouveront dans les documents concernés, cela peut être inquiétant. Mais les initiatives de l’équipe Robert Mueller vont aussi servir à illustrer son acharnement et sa  partialité. On a récemment appris que le procureur spécial avait dû se séparer d’un enquêteur qui avait ostensiblement affiché son mépris pour le président américain.

Donald Trump a assuré ce dimanche qu’il n’avait pas l’intention de démettre Mueller. Tout est cependant fait pour le discréditer, notamment avec l’aide de médias favorables accréditant la thèse d’une « chasse aux sorcières ». Samedi soir, sur Fox News, un bandeau en bas de l’écran se demandait même si l’on assistait à « un coup d’Etat en Amérique ».

Rfi.fr