Equateur: le nouveau Parlement s’installe avec une majorité amoindrie

L’Equateur se prépare au changement dans la continuité. A 10 jours de la passation de pouvoir entre le président sortant Rafael Correa et son héritier politique Lenín Moreno, le nouveau Congrès s’installe ce dimanche 14 mai pour quatre ans. Il est lui aussi dominé par le mouvement officiel Alliance pays (AP), toujours majoritaire, mais dont l’hégémonie est de plus en plus contestée.

Avec notre correspondant à Quito, Eric Samson

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Avec une majorité amoindrie et une opposition renforcée, un nouveau Parlement s’installe ce dimanche 14 mai
en Equateur pour un mandat de quatre ans.

A quatre ans d’intervalle, le président sortant Rafael Correa et son dauphin Lenín Moreno ont tous les deux été élus avec 52% des suffrages. Seulement, Rafael Correa l’a été dès le premier tour alors que l’élection de Moreno est toujours contestée par son ancien adversaire Guillermo Lasso.

Pour le Congrès, c’est un peu la même chose. Le régime a toujours une majorité absolue avec 74 des 137 députés, mais il en avait 100 auparavant. Cette majorité des 2/3 a permis au président sortant de réformer la Constitution en autorisant par exemple la réélection du chef de l’Etat sans limitation de mandats.

Moins de marge de manoeuvre

Lenín Moreno, lui, n’aura pas la même latitude. Même absolue, sa majorité n’est pas nécessairement une garantie pour gouverner puisqu’une vingtaine de députés appartiennent à des mouvements locaux, certes alliés à Alliance Pays, mais dont le soutien peut varier dans le temps.

Après plusieurs années de crise économique, la baisse du prix du pétrole et le destructeur tremblement de terre d’avril 2016, qui a provoqué plus de trois milliards d’euros de dégâts, le régime n’a plus autant de marge de manœuvre. Ce dimanche 14 mai, la session du nouveau Congrès sera dirigée par les trois députés ayant reçu le plus de votes, dont l’ex-ministre de l’Intérieur José Serrano, favori pour en devenir le nouveau président jusqu’en 2021.

Rfi.fr