Erdogan ne veut pas d’une force transfrontalière en Syrie

Voilà qui ne va pas améliorer les relations déjà tendues entre les Etats-Unis et la Turquie. Ankara a réagi violemment à l’annonce faite par Washington de la constitution en Syrie et à la frontière turque d’une « force de sécurité frontalière » composée de combattants kurdes et arabes. La Turquie considère ces forces kurdes comme des éléments terroristes, et Recep Tayyip Erdogan a promis de « tuer dans l’œuf » ces unités militaires. Il annonce aussi être prêt à mener une nouvelle opération contre des territoires contrôlés par les Kurdes en Syrie.

Avec notre correspondant à Istanbul,  Alexandre Billette

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Le président turc Recep Tayip Edrogan ce lundi 15 janvier a Sincan, près d’Ankara.

Une « armée terroriste » formée par les Etats-Unis : c’est ainsi que Recep Tayyip Erdogan qualifie cette force de sécurité annoncée par Washington. La Turquie qui ne « sera pas responsable » des conséquences si Ankara devait agir pour éliminer leur présence à sa frontière.

Le gouvernement turc a multiplié lundi les déclarations outragées. C’est une provocation, un geste insensé. La présence de combattants kurdes des YPG, considérés comme terroristes et liés au PKK, est inacceptable aux yeux du pouvoir turc et Ankara voudrait bien devancer la constitution de cette force jugée hostile en menant une opération militaire contre deux villes syriennes à la frontière turque, Afrin et Minbej, deux villes contrôlées justement par les milices kurdes.

Tout est prêt militairement, a dit Recep Tayyip Erdogan, l’opération peut être déclenchée à tout moment. Le président turc qui promet aussi de mener des opérations dans d’autres régions frontalières jusqu’à, a-t-il dit « l’élimination du dernier terroriste ».