Espagne: parti antisystème ou de gouvernement, Podemos va devoir choisir

Ambiance règlement de comptes au parti de la gauche radicale espagnole, Podemos. Des milliers de militants sont réunis jusqu’à dimanche 12 février à Madrid au congrès de cette formation, troisième force du pays, qui cherche sa voie. Au sein du parti, plusieurs courants s’affrontent : la ligne antisystème du chef de Podemos, Pablo Iglesias, est aujourd’hui contestée par une partie des militants.

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Pablo Iglesias, en juin 2016. Pour lui, Podemos doit rester le poil à gratter de la politique espagnole.

Pablo Iglesias en est persuadé, Podemos doit rester le poil à gratter de la politique espagnole. Il ne doit pas renoncer à l’agitation sociale et rester le parti antisystème qui a su canaliser les aspirations des « Indignés », ces milliers d’Espagnols qui ont souffert de l’austérité imposée par la crise économique.

Mais cette ligne est aujourd’hui contestée par le numéro 2 du parti, Inigo Erregon. Pour ce docteur en sciences politiques de 33 ans, Podemos doit se concentrer sur le travail parlementaire, quitte à nouer des alliances ponctuelles avec le parti socialiste. En efet, avec 156 députés contre 137 pour le Parti Populaire au pouvoir, les formations de gauche avec Podemos sont en mesure de mettre le gouvernement en minorité sur certains dossiers.

Virage « social-démocrate »

Erregon estime donc que l’heure est venue pour Podemos d’effectuer une sorte de « virage social-démocrate ». Aujourd’hui, les divers courants présentent donc leurs programmes, quatre au total. Le résultat du vote est attendu demain à la mi-journée.
Les militants devront aussi se prononcer sur la composition de la direction du parti.

Pablo Iglesias brigue un nouveau mandat. Il a face à lui un militant andalou, peu connu, mais le chef de Podemos a d’ores et déjà prévenu que si son programme n’était pas retenu, il quitterait la direction du parti.

Rfi