Etats-Unis: les démocrates veulent publier leur mémo à leur tour

Le mémo républicain – document de quatre pages publié vendredi 2 février – accuse le FBI, la police judiciaire fédérale américaine, d’abus de pouvoir lors de la mise sur écoute de Carter Page, conseiller diplomatique de Donald Trump durant la campagne, sur fond de soupçons d’ingérence russe. Les démocrates veulent maintenant que leur propre mémo soit rendu public. En jeu, la poursuite de l’enquête du procureur Mueller. 

Avec notre correspondante à New York,  Marie Bourreau

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Un exemplaire du mémo rédigé par le chef de la commission du Renseignement de la Chambre des représentants, document classé secret et rendu public sur ordre de Donald Trump.

Les démocrates veulent rendre coup sur coup. La commission du renseignement devrait donc voter d’ici quelques heures sur l’opportunité de publier une note rédigée cette fois par des élus démocrates à partir des mêmes documents que ceux utilisés par les républicains.

Ce document de dix pages dénonce un usage très sélectif d’informations fait par le camp républicain dans le seul but de discréditer Rober Mueller, le procureur en charge de l’enquête sur les ingérences russes. L’opposition affirme que le camp républicain fait un récit inexact de la demande de mise sous surveillance de Carter Page, le conseiller diplomatique et estime que des informations hautement sensibles ont été déformées. 

L’enjeu est immense. Les démocrates soupçonnent le président de vouloir utiliser les conclusions d’un mémo républicain publié vendredi et qui dénonce l’abus de pouvoir du FBI, pour saper l’enquête russe et limoger le procureur Mueller en charge de cette enquête. En week-end dans sa résidence de Floride, Donald Trump a d’ailleurs estimé dans un tweet que la note rendue publique vendredi dernier le blanchissait totalement.

Les démocrates craignent donc que le président – qui a cinq jours pour décider – ne censure leur propre mémo. Le porte-parole de la Maison Blanche a néanmoins assuré que la demande serait «  étudiée » sans plus de commentaire.

Rfi.fr