Etats-Unis: pour Donald Trump, la «vérité» reste un concept à géométrie variable

Aux Etats-Unis, Donald Trump a répété cette semaine que jamais un président américain n’avait signé autant de loi que lui pour sa première année au pouvoir. Il s’agit d’une contre-vérité absolue car si l’on parle simplement de chiffres, il est celui qui a le moins légiféré depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale. Même si on veut s’attarder sur le poids des lois signées, il n’a à son crédit qu’une seule réforme d’ampleur, celle de la fiscalité, signée juste avant Noël. Ainsi, cette petite phrase confirme le vrai problème que Trump a avec la vérité et démontre que personne à la Maison Blanche ne semble vraiment capable de le contrôler.

Avec notre correspondant à New-York, Grégoire Pourtier

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Le président américain Donald Trump à Palm Beach le 22 décembre 2017. 

Donald Trump peut dénoncer les « fake news », certaines informations, chiffrées, ne sont pas discutables. Quand il parle de son record de lois signées cette année, dans quelle dimension évolue-t-il ?

Les archives montrent au contraire qu’il a été le moins prolifique depuis 50 ans, d’autant que beaucoup de textes qu’il a promulgués sont dits « cérémoniels et de routine », il s’agit de donner un nom à un bâtiment fédéral par exemple.

Cette distance permanente avec la réalité factuelle est chaque fois plus troublante. On s’attend désormais presque à ce qu’il clame ces jours prochains que son équipe à la Maison Blanche est la plus fidèle et la mieux constituée de l’histoire.

Après tout, puisqu’une étude vient justement de démontrer le contraire, pourquoi pas. Les chiffres publiés sont en tout cas éloquents : en moins d’un an, plus d’un tiers de l’entourage direct de Trump a été renouvelé. C’est le double de son suivant le plus proche, Ronald Reagan en 1981.

Là encore, l’étude des détails rend le constat encore plus douloureux. Un conseiller à la sécurité nationale qui ne tient pas un mois, le directeur de cabinet et le chef de la stratégie qui ne passent pas l’été, ou encore le psychodrame permanent au service de communication, qui en est à son quatrième directeur. Non, quelque chose ne tourne vraiment pas rond à la Maison Blanche.

Rfi.fr