Etats-Unis: entre Donald Trump et la famille Bush, pas de cadeaux

Il fut un temps où une certaine solidarité prévalait entre présidents américains, quelle que soit leur appartenance politique. Au nom de l’intérêt supérieur du pays, les anciens locataires de la Maison Blanche avaient pour règle d’éviter toute critique à l’adresse d’un successeur. Mais ce n’est plus vrai aujourd’hui, comme en témoigne l’hostilité assumée des Bush, père et fils, à l’égard de Donald Trump.

Avec notre correspondant à Washington,  Jean-Louis Pourtet

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L’ancien président George W. Bush et sa compagne, en toile de fond de la cérémonie d’investiture de
Donald Trump à Washington, le 20 janvier 2017.

Par le passé, aux Etats-Unis, d’improbables amitiés se sont forgées entre Commanders in Chief. Gerald Ford et celui qui l’avait battu en 1976 par exemple, Jimmy Carter, se sont appréciés. Bill Clinton et George Bush père, désavoué en 1992, se sont aussi retrouvés régulièrement côte à côte pour aider Haïti.

Quant à Barack Obama, après son élection triomphale en 2008, il avait notamment réuni tous ses prédécesseurs pour une photo dans le bureau ovale, et avait sans difficulté croisé la route de George W. Bush en cours de mandat. Tout ceci serait-il devenu désuet avec l’arrivée du tonitruant Donald Trump ?

L’inimitié entre George Bush père et le 45e président des Etats-Unis n’est pas nouvelle. L’ancien chef d’Etat avait rejeté le magnat new-yorkais comme colistier en 1992. Son mépris pour lui n’a par la suite fait qu’augmenter au fil des années, au point que le patriarche a fini par voter pour la démocrate Hillary Clinton.

Pour les besoins d’un livre à paraître prochainement, intitulé Les derniers républicains, son auteur Mark Updegrove a interviewé les Bush pendant la campagne de 2016. Ils ne voulaient pas voir, écrit-il, un populiste vulgaire, que le chef de la dynastie qualifiait de « vantard », entrer à la Maison Blanche.

Le temps des politesses entre gentlemen d’un club très select a ensuite complètement volé en éclats. Les manières du président actuel, sa politique isolationniste, vont à l’encontre de tout ce que représente la famille Bush, incarnation de l’establishment américain républicain bien élevé et internationaliste.

Bush Junior n’est pas en reste. Après avoir entendu le candidat affirmer qu’il n’avait pas besoin d’experts en politique étrangère, étant lui-même son meilleur conseiller, l’aîné de la famille, président entre 2000 et 2008, s’était écrié pendant la campagne : « Ce type ne comprend rien au travail d’un président. »

Donald Trump s’était vengé de ce dédain pendant la primaire républicaine, en moquant, le manque d’énergie de l’un de ses adversaires du moment pour le ridiculiser. A savoir John E. Bush dit « Jeb », le second de la fratrie, gouverneur de l’Etat de Floride de 1999 à 2007.

Réagissant au livre de Mark Updegrove, la Maison Blanche a par ailleurs dénigré tout récemment l’héritage politique des Bush, en s’en prenant cette fois à l’aîné, George W., lui reprochant la guerre en Irak, que la présidence actuelle qualifie de plus grosse erreur de politique étrangère de l’histoire américaine.

Rfi.fr