Etats-Unis: la fronde des chaînes du câble contre le clip de Trump

Aux Etats-Unis, le cap symbolique des 100 jours de présidence de Donald Trump, le week-end dernier, a été l’occasion de vives critiques dans une majorité des médias américains traditionnels. Du coup, la Maison Blanche a produit un clip de 30 secondes pour vanter son bilan politique et économique, et espérait le diffuser sur les grandes chaînes de télévision nationales. Mais les plupart de ces grands réseaux refusent de passer le message, puisque celui-ci les attaquent directement.

Avec notre correspondant à New York, Grégoire Pourtier

media
Le clip de Donald Trump pour ses 100 jours à la Maison Blanche n’était pas simplement élogieux. Il attaquait en règle de nombreux médias.

« Donald Trump a prêté serment il y a 100 jours, et l’Amérique a rarement connu autant de succès… » Nomination d’un juge à la Cour suprême, création d’emploi et suppression de certaines pesanteurs administratives, infrastructures énergétiques, réforme fiscale… même s’il s’agit souvent de simples projets, Donald Trump se veut fier de son bilan.

« Mais vous ne saurez pas tout ça en regardant les informations. L’Amérique gagne, et le président Trump rend sa grandeur à l’Amérique. » En illustration, le portrait des principaux animateurs des grandes chaînes d’informations comme CNN ou MSNBC, barré de la mention « Fake News », fausses nouvelles, en gros caractère.

Ces médias américains de référence adorent débatte de l’efficacité de la nouvelle administration, et être la cible d’attaques publiques et répétées de Donald Trump leur offre même des audiences historiquement élevées.

Mais ce serait du masochisme que de mettre soi-même à l’antenne un clip où ils sont directement mis en cause, et l’équipe Trump le savait forcément en produisant ces 30 secondes.

Fox News accepte

Ainsi, seule Fox News, soutien affiché du nouveau président, a accepté de les diffuser, et une émission phare de la chaîne a donné la parole à l’une des belle-fille de Trump pour dénoncer les attaques à la liberté d’expression.

Au final, la guerre ouverte contre les médias fait partie intégrante de la stratégie de communication de l’équipe Trump, qui y trouve un parfait moyen de détourner l’attention d’un bilan malgré tout encore maigre.

Rfi.fr