Etats-Unis: Michael Flynn faisait du lobbying pour Ankara pendant la campagne

Michael Flynn, renvoyé de son poste de conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, pour avoir menti au vice-président Mike Pence sur ses contacts avec l’ambassadeur de Russie aux Etats-Unis pendant la campagne, avait aussi omis de déclarer qu’il travaillait au même moment pour la Turquie. L’ancien directeur de l’agence de renseignements de la défense représentait les intérêts d’une société turque.

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Le général Michael Flynn, photographié le 13 février 2017 en marge de la rencontre entre Donald Trump et le
Premier ministre canadien Justin Trudeau, quelques heures avant sa démission.

Flynn avait signé en septembre un contrat d’un montant d’un peu plus d’un demi-million de dollars qui a pris fin le jour de l’élection américaine.

Son travail était d’enquêter sur Fethullah Gullen qui vit en Pennsylvanie et que le président Erdogan veut voir extrader en Turquie car il l’accuse d’avoir été l’organisateur du coup d’Etat de juillet.

Que l’un des principaux conseillers du candidat fasse en même temps du lobbying pour un gouvernement pas particulièrement amical à l’égard des Etats-Unis à l’époque est déjà assez gênant. Mais tout aussi embarrassant est le fait que Trump a toujours insisté pour qu’une enquête profonde soit faite sur ceux qu’il engageait pour précisément éviter ce genre de situation. Or apparemment, il n’a appris qu’après coup les activités extérieures de son collaborateur, même si dans son entourage certains le savaient.

Simple citoyen

La Maison Blanche fait valoir qu’avant le 8 novembre, Michael Flynn était un simple citoyen et avait donc le droit de faire des affaires. Le porte-parole, Sean Spicer, défendant Trump a souligné que celui-ci était très strict sur les questions d’éthique : « Je peux vous dire que le président a clairement signifié à tous les membres de son administration que s’ils ne respectaient pas les règles élevées qu’il leur a fixées, ils seraient renvoyés. »

Autre faute de Michael Flynn: il n’a pas soumis au ministère de la justice les documents requis lorsqu’un américain représente des intérêts étrangers. Il vient de le faire rétroactivement.

Rfi.fr