Etats-Unis: plainte contre Trump pour ses revenus issus de l’étranger

Les ministres de la Justice du Maryland et du District de Columbia ont déposé une plainte le lundi 12 juin contre le président Trump. La plainte stipule que le président des Etats-Unis viole les lois contre la corruption car il n’a pas coupé les liens avec son empire immobilier, officiellement géré par ses fils depuis l’élection. Le texte affirme que la politique de Donald Trump est sous influence des pays étrangers qui font des affaires avec les sociétés du milliardaire.

Avec notre correspondante à Washington,  Anne-Marie Capomaccio

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Une plainte stipule que le président des Etats-Unis viole les lois contre la corruption car il n’a pas coupé les
liens avec son empire immobilier, officiellement géré par ses fils depuis l’élection.

C’est la première plainte de ce type : deux Etats américains contre le président des Etats-Unis pour violation des lois sur la corruption. L’objectif de la démarche, les deux ministres de la Justice n’en font pas mystère, est d’obtenir un audit des affaires de Donald Trump, et par la même occasion, une divulgation de ses déclarations de revenus qui n’ont jamais été rendues publiques, contrairement à une tradition datant des années 1970.

« Jamais, dans l’histoire de ce pays, nous n’avons eu un président empêtré dans les affaires à ce point, ou un président qui refuse de prendre ses distances avec ses entreprises. Les affaires du président Trump violent les textes anticorruption de notre Constitution, explique Karl Racine, ministre de la Justice du District de Columbia. Le président Trump viole, de manière flagrante, la Constitution, qui interdit clairement aux présidents de recevoir des cadeaux ou de faire des affaires avec des gouvernements étrangers. Nous savons que des gouvernements étrangers dépensent de l’argent, dans le but d’obtenir des faveurs du président des Etats-Unis.

« Nous sommes un Etat de droit »

Un exemple : le royaume d’Arabie saoudite, qui fait de nombreuses affaires avec le président, a déjà dépensé des centaines de milliers de dollars à l’Hôtel Trump International (de Washington, ndlr). Nous sommes un Etat de droit, et personne, pas même le président des Etats-Unis, n’est au-dessus de la loi. Personne, pas même le président, n’est autorisé à mettre en danger notre démocratie. A chaque fois que le président a promis de séparer ses affaires de son mandat, il a renié cette promesse. De plus, le Congrès tenu par les républicains n’a pas fait son devoir. »

Dans la seule journée de lundi, il y a eu le dépôt de cette plainte pour corruption contre le président, le deuxième décret sur l’immigration de Donald Trump a été rejeté et la polémique sur la Russie continue de polluer l’air du Congrès. La Maison Blanche, par la voix de son porte-parole, continue de crier au lynchage. Les républicains conseillent au président de ne pas réagir pour éviter de donner des munitions à ses adversaires.

Rfi.fr