Etats-Unis: le président Trump face à l’ouragan Harvey

L’Etat américain du Texas a été dévasté par l’ouragan Harvey et la tempête tropicale qui a suivi. Alors que les pluies torrentielles se déplacent lentement vers la Louisiane, Donald Trump vient d’affronter sa première catastrophe naturelle. Un important test politique pour le président, alors qu’approche la rentrée parlementaire et que plusieurs dossiers cruciaux sont à l’ordre du jour.

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Le président Trump, le 28 août 2017 à la Maison Blanche, à Washington.

Confronté à Harvey, pour le moment, Donald Trump s’en sort plutôt bien. Un sénateur républicain l’avait d’ailleurs mis en garde, lui disant qu’il avait intérêt à être à la hauteur.

Bien que parti à Camp David quelques heures avant que l’ouragan ne touche terre vendredi, le président américain a tenu par vidéoconférence deux Conseils des ministres pour gérer la situation, rapporte notre correspondant à Washington, Jean-Louis Pourtet.

Dans ses tweets, dont le rythme n’a pas faibli, M. Trump encourage la population et promet au Texas toute l’aide dont l’Etat aura besoin.

De fait, la FEMA, l’agence fédérale des secours d’urgence, est bien mieux préparée qu’en 2005, même si elle ne peut satisfaire toutes les demandes en raison de l’ampleur de la catastrophe.

Des milliards de dollars pour la reconstruction

Le président a déclaré dès le samedi 26 août l’état d’urgence qui permettra au Texas de bénéficier de toute l’assistance fédérale nécessaire pour les secours et surtout la reconstruction – qui va se chiffrer en milliards de dollars. Promesse toutefois qu’il ne pourra tenir qu’avec l’accord du Congrès, avec qui il n’a pas de très bonnes relations en ce moment.

Des milliards de dollars…

Selon le gouverneur de l’Etat du Texas, Greg Abbott, les dégâts devraient atteindre  « des milliards de dollars » en réparation des installations et des infrastructures routières et portuaires. Une évaluation qui ne semble pas excessive quand on sait que Harvey a touché les industries pétrolières et pétrochimiques du golfe du Mexique. Le coût des dégâts pourrait bien ramener au rang de péripétie l’ouragan Allison qui, en 2001, avait fait près de 5 milliards de dollars de dégâts à Houston et dans sa région. Depuis la facture ne cesse d’augmenter. Avec un record, peut-être provisoire, pour l’ouragan Katrina en 2005, dont les dégâts ont largement dépassé les 100 milliards de dollars. On peut également citer les 75 milliards de dollars de destructions liées au passage de Sandy en 2012 sur la côte nord-est des Etats-Unis, ou les 37 milliards de dollars de dégâts après le passage de Ike en 2008 sur les Caraïbes et le Texas.

Objectif : éviter le crash vécu en 2005 par Bush

Voulant certainement éviter les erreurs de George W. Bush, le numéro un américain se rend par ailleurs sur place ce mardi.

Donald Trump veut éviter toute comparaison fâcheuse avec la lenteur de réaction de son prédécesseur après le passage de l’ouragan Katrina, lorsque ce dernier s’était contenté de survoler la Louisiane à bord d’Air Force One sans se poser, ce qui avait terni son second mandat.

Un Donald Trump plus présidentiel qu’à l’accoutumée

Le locataire de la Maison Blanche n’ira pas à Houston ou dans les zones inondées, pour ne pas perturber les opérations de secours. Mais il sera dans les terres avec son épouse Melania, qui commence elle aussi à prendre goût à Twitter.

« Je serai avec le président pour apporter mon soutien aux habitants du Texas. Nous sommes avec vous », a écrit la Première Dame sur le célèbre réseau social.

Mention « bien » pour le moment pour Donald Trump. Mais les analystes se demandent s’il peut rester présidentiel sur la durée. Elément de réponse mercredi, lorsqu’il présentera sa réforme fiscale dans le Missouri. Redeviendra-t-il le Trump combatif repassant à l’attaque contre ses adversaires ? Ou adoptera-t-il un ton plus mesuré convenant mieux à sa fonction et aux circonstances ?

Des moments tragiques comme celui-ci révèlent le meilleur de l’Amérique, dont la force, la charité et l’endurance sont les principaux traits de caractère. Nous avons vu des voisins aidant les voisins, des amis aidant les amis et des étrangers aidant les étrangers. Nous avons été les témoins d’un amour et d’un travail d’équipe incroyables. Nous sommes une seule famille. Nous avons été frappés ensemble, nous nous battons ensemble et, croyez-moi, nous allons s’en sortir ensemble. Nous sommes une seule famille. Aux citoyens du Texas et de la Louisiane: nous sommes 100% avec vous!
Donald Trump, président des Etats-Unis d’Amérique29/08/2017 – par RFI

Tidwell Road, quartier est de Houston, le 28 août 2017.
Rfi.fr