Etats-Unis: report du vote sur l’assurance maladie

Les députés américains renoncent à voter le retrait d’Obamacare et la nouvelle loi sur la santé. La Maison Blanche, et le président républicain de la Chambre n’ont pas pu réunir une majorité. Paul Ryan a donc décidé de retirer son texte, plutôt que d’affronter un échec public.

Avec notre correspondante à Washington, Anne-Marie Capomaccio

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Mark Meadows, leader de ces élus récalcitrants du «Freedom Caucus», lors de ses déclarations à la presse,
au Congrès américain, le 23 mars 2017.
 

C’est le premier test important au Congrès pour Donald Trump. Une promesse décisive dans la campagne électorale et l’élection du milliardaire. Le texte qui doit remplacer Obamacare a dû être retiré, le vote en principe reporté à ce vendredi matin.

Le président Trump s’est pourtant impliqué personnellement, sans succès. Son talent de négociateur tant vanté n’a pas opéré. La menace non plus. Le Tea Party et les libertariens, après plusieurs séances de discussion avec le président lui-même, ont bloqué. Cette aile droite du parti républicain refuse pour l’instant de rentrer dans le rang.

Ces élus demandent le retour à la situation ante – aucune obligation d’assurance sociale – et le retrait des dispositions sur la couverture gratuite pour les démunis et les plus âgés, pour faire des économies.

Ce groupe d’extrême droite a aussi des motivations plus politiques, il entend prouver sa puissance au Congrès, contre l’establishment et les élus plus modérés. Et force est de constater que cette démonstration de force est pour l’instant un succès.
Les négociations vont se poursuivre cette nuit.

Donald Trump n’avait certainement pas anticipé la difficulté de travailler avec un parti républicain, certes majoritaire au Congrès, mais profondément déchiré entre modérés et extrême droite.

L’impossible réécriture de la loi sur la santé en est la première illustration. Les libertariens et le Tea party n’ont pas cédé aux cajoleries ni à la menace. Mark Meadows, le président de ce bloc parlementaire d’extrême droite, qui se fait appeler « le groupe de la liberté » reconnaît l’échec du texte : « Nous n’avons pas encore assez de membres qui acceptent de voter, à ce stade, mais nous faisons des progrès ».

Le président Trump, pour sa part, est extrêmement frustré. Tout ça, c’est de la politique fulmine Donald Trump. Et sur ce point, le président a raison. L’extrême droite a promis le retrait pur et simple de la loi sur la santé à ses électeurs, et la baisse des impôts… Les modérés au contraire ont juré à leurs administrés que la couverture serait meilleure et moins chère.

C’est une équation impossible à résoudre pour un Congrès qui pense déjà aux élections de mi-mandat l’an prochain et pour un président élu sans le soutien de son parti.

Rfi.fr