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Fermeture des établissements de nuit… Des Patrons de boîtes de nuit racontent leur calvaire

Deux mois après la fermeture des établissements de nuit, certains patrons de bars, night-clubs et restaurants ont voulu bien partager les difficultés auxquelles ils sont confrontés. Et profitent pour lancer un cri de cœur au gouvernement.

Chico Lacoste (Propriétaire du restaurant Unisex iAbidjan Latrille)

« Suite à la pandémie du Covid-19 qui frappe le monde entier, l’Etat de Côte d’Ivoire nous a demandé de fermer nos établissements. Or nous avons d’énormes charges, dont nos employés qui vivent au jour le jour.

Il faut constamment les gérer et tout cela est compliqué ils nous appellent au moindre problème chez eux. On ne peut pas soutenir nos employés alors que nous-mêmes n’avons aucune entrée d’argent.

Rien ne rentre et tout est à zéro. Nous avons des factures qui nous attendent, des fournisseurs qu’il faut payer, etc. Or, c’est en travaillant qu’on arrive à faire face tout ça. Nous sommes donc traqués de partout. Par exemple, moi je suis dans le domaine de la restauration. Et tout le stock de nourriture est avarié après tout ce temps.

Que vais-je en faire ? Face à tout ces problèmes, l’Etat avait promis nous soutenir, mais jusque là, rien n’est fait. Et plus les jours passent, nous souffrons davantage. C’est pourquoi nous avons organisé cette conférence de presse pour qu’il se penche sur nos problèmes.

Aimé Zébié (Propriétaire du temple du Zouglou L’Internat et de l’Internat night club)

Face à la propagation de la pandémie du Covid-19 à travers le monde entier, l’Etat nous a automatiquement demandé de fermer. Et cela fait aujourd’hui deux mois que nous n’exerçons pas, bien que nous continuions de faire face à nos charges.

Nous continuons toujours à payer le loyer, les factures ne sont pas encore arrivées, Dieu merci… Il y a aussi la situation extrêmement difficile de nos employés qui vivent au jour le jour. Et c’est à eux que nous pensons avant tout en demandant à l’Etat de nous venir en aide en accélérant les procédures entamées.

Et voir même des prises de mesures pour que l’on tende vers la réouverture. Car, vu cela, il y a certaines personnes qui ouvrent de façon frauduleuse, bien que nous ne cautionnions pas cela. Il est donc souhaitable que l’on ne se mette pas l’Etat à dos en agissant dans les normes. Après une longue attente de l’aide financière annoncée en faveur des les acteurs économiques des secteurs informels que nous sommes par le Président et ensuite le Premier Ministre, nous pensons qu’il est temps de passer à la pratique avant qu’il ne soit trop tard.

On nous a rassurés, mais jusque-là, nous n’avons rien encore vu. Nous avons même rencontré notre ministère de tutelle à qui nous avons remis un libre blanc de nos doléances. Nous souhaitons que les choses se fassent en ce moment où le besoin de fait sentir afin que nous puissions soulager tout le monde. C’est très important pour nous et nous y pensons chaque jour.

Affoutchi Magloire (Président de l’UNP et Patron de Voici Venise bar discothèque de Yop)

Mon souhait aujourd’hui, c’est d’avoir un peu d’argent pour soulager mes employés et renouveler mon stock. Car mon problème majeur ce sont mes employés. Au nombre d’une soixantaine, ils m’appellent tous les jours pour m’exposer leurs problèmes.

Mais je ne peux pas régler les problèmes de chacun dans cette situation. Face à cette situation inhabituelle depuis que nous avons été sommés de fermer nos établissements, il est important pour nous que l’Etat décaisse ce qui a été promis afin que nous entrions un peu dans nos fonds. Car plus on est déficitaire, plus on est perdant.

Olivier Gnépa (Patron du Restaurant bar Lounge La Gare du Nord d’Angré)

À l’avènement de cette maladie, l’Etat a pris des mesures que nous respectons énormément car elles sauvent des vies. Mais le fait que nous ayons été contraints de fermer dans l’immédiat pour des établissements qui vivent au jour le jour, n’est vraiment pas facile. Chaque établissement emploie entre 12 et 15 personnes. Et lorsque tu dois fermer et voir tes employés obligés de se débattre au quotidien, tu es obligé de réagir et les aider.

Tu ne peux pas ne pas répondre à leurs sollicitations, connaissant leurs soucis. Nous avions pensé que c’est une situation qui a duré au plus deux semaines, mais là nous sommes à deux mois. Pour un patron d’établissement, ce n’est vraiment pas facile. Alors, nous attendons de l’Etat, des mesures d’aide concrètes.

Et vous savez, lorsqu’on ferme un établissement, il faut encore de l’argent pour le rouvrir car il y a toujours des travaux à faire. Sans compter l’interminable couvre-feu pendant lequel, nous faisons face une insécurité grandissante car nos établissements sont visités par des voleurs.

Que l’Etat nous vienne en aide pour l’équilibre social dans ce secteur pourvoyeur d’emplois, en majorité en milieu jeune.

Saga Junior : (Artiste chanteur et Patron du bar La Cour Suprême d’Anono-Riviera)

Suite à la crise sanitaire que vit le pays, notre secteur d’activité est très touché. J’emploie 11 personnes et depuis bientôt deux mois, les charges ne font que s’accumuler. Et les employés qui ne vivaient que de leurs salaires de la boîte de nuit, sont aujourd’hui livrés à eux-mêmes.

Les charges s’accumulent et il faut aussi subvenir aux besoins urgents de certains employés. Et vraiment, c’est difficile. Tout ce que l’argent du bar nous permettait de faire, est aujourd’hui bloqué et nous n’arrivons plus à faire face de nombreuses autres charges telles les factures et autres.

En plus, mon activité d’artiste étant bloquée, il n’y a donc plus d’issue. Et donc c’est vraiment face à cette crise que subit le monde entier. Nous souhaitons que l’Etat fasse diligence pour nous venir en aide.

Le Gros Bedel : (Propriétaire du Forty Forty night-club, Plateau)

Depuis le 16 mars 2020, nous vivons une situation très compliquée. Nous sommes fermés depuis deux mois, ce qui est très difficile pour une boîte de nuit.

Certes, cette décision a été prise pour notre sécurité à tous, mais ce n’est pas facile.

Nous avons été soulagés par l’annonce de mesures d’aide financière décidées en faveur de nos établissements fermés. Chose qui est salutaire.

Mais rien depuis. Les employés nous appellent tous les jours, mais comment les aider ? Une action de l’État est vivement attendue car nous souffrons.

Prince Alex : (DG du VIP Discothèque) :

Depuis l’annonce de la fermeture de nos établissements, notre situation n’est pas facile. Nous avons été surpris. Ceux qui, comme moi, ont d’autres activités, arrivent à s’en sortir. Mais le vrai problème aujourd’hui, ce sont nos employés qui étaient payés au jour le jour.

Aujourd’hui, c’est très difficile pour eux. On pense que les personnes vulnérables sont toutes dans les quartiers précaires. Mais même ici au Deux-Plateaux, j’ai des voisins qui n’ont pas à manger parce que leur source de revenus est fermée.

Payé chaque semaine, ils n’ont aucune ressource pour payer leur loyer et subvenir à d’autres besoins élémentaires tel que manger, c’est vraiment difficile. Et on se demande « ça va finir quand ? ».

Les propriétaires de boîte de nuit peuvent dépanner leurs employés, mais pendant combien de temps ? Et c’est encore difficile lorsqu’on ne sait pas quand est-ce qu’on va rouvrir. Et pire, nous qui avons été les premiers à fermer, nous serons encore les derniers à ouvrir du fait que nos établissements sont référencés.

Et j’insiste, c’est vraiment difficile car les gens n’arrivent pas à manger. Sans mentionner les factures et d’autres charges, je parle bien de vivres car c’est vraiment difficile et nous y réfléchissons. Nous employons une quarantaine de personnes depuis plus de 10 ans que nous existons. On ne peut pas tout expliquer ici, mais c’est vraiment difficile. Et le plus important, c’est de trouver des solutions.

Salé Christian (Kiki Prestige) : ( Propriétaire du Prestige Bar Riviera Palmeraie)

Depuis le début de cette crise sanitaire due au Covid-19, nous propriétaires d’établissements de nuit rencontrons beaucoup de problèmes.

Nos établissements fermés depuis deux mois maintenant, c’est non seulement difficile pour nous avec nos charges, loyer, factures, mais surtout pour ceux qui travaillent avec nous.

Raison pour laquelle, nous avons intégré le MOPEN (Mouvement des opérateurs économiques de la nuit) pour associer nos voix afin de mieux porter nos doléances et cris de cœur au gouvernement. Et en deux mois, on pourrait chiffrer les pertes chez moi à 40 millions.

Réalisé par A. K

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