Fête nationale hongroise: Viktor Orban copieusement sifflé pendant son discours

Le 15 mars, c’était la fête nationale en Hongrie, jour anniversaire du soulèvement des Hongrois contre l’Empire d’Autriche, en 1848, pour exiger la liberté d’expression et la liberté de la presse. Pour l’occasion, le Premier ministre nationaliste a prononcé un discours en plein air devant quelque 3 000 partisans, sélevant contre « les bureaucrates de Bruxelles, le capital international, la presse libérale ». Mais Viktor Orban a eu du mal à se faire entendre.

Avec notre correspondante à Budapest,  Florence La Bruyère

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Le chef du gouvernement hongrois, Viktor Orban, a été copieusement sifflé pendant son discours, le 15 mars 2017
à Budapest pour la fête nationale.

Comme le veut la coutume, plusieurs partis politiques et associations ont commémoré la fête nationale hongroise, mercredi à Budapest. Quelque 3 500 personnes ont défilé pacifiquement à l’appel de plusieurs partis d’opposition. Et le Premier ministre Viktor Orban est venu s’exprimer devant des partisans dans un discours en plein air.

Rarement aura-t-il été aussi copieusement sifflé en pareille occasion. « Orban en prison ! », scandaient même des manifestants. Eva applaudit de tout cœur. « La liberté d’expression, la liberté de la presse, c’est ce qu’on fêtait d’habitude. Mais l’heure n’est plus à la fête. Parce qu’aujourd’hui, tout est dans la main du pouvoir », dénonce-t-elle.

La rue, l’un des derniers espaces de liberté pour l’opposition hongroise

Malgré les nombreux haut-parleurs, le discours de M. Orban était tout simplement inaudible. Andrea Nagy, sympathisante du Premier ministre, en avait les larmes aux yeux. « Je ne peux pas m’empêcher de pleurer, c’est révoltant. Viktor Orban est un très bon dirigeant, il a beaucoup fait pour le pays. C’est vraiment une honte que ces gens viennent gâcher la fête. Ce n’est pas la démocratie, ça », considère-t-elle.

Avec une télévision publique à sa botte et de nombreux médias privés dans son portefeuille, la droite du chef du gouvernement possède un véritable monopole médiatique et ne ménage pas forcément les autres (voir ici et ). La rue reste l’un des derniers espaces de liberté. Pour la fête nationale, la police avait interdit les sifflets sur la place publique. Mais la justice a annulé ce décret.

Rfi.fr