Fin du statut temporaire de protection pour les Haïtiens installés aux Etats-Unis

L’administration Trump a annoncé lundi 20 novembre 2017 qu’elle ne renouvellerait pas le programme mis en place en 2010 et qui a permis à près de 60 000 Haïtiens de résider et travailler légalement sur le sol américain. Les personnes concernées ont jusqu’en juillet 2019 pour quitter le pays. 

Avec notre correspondante à Washington,  Anne Corpet

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Sur les pancartes, il est demandé au gouvernement américain de renouveler le Temporary Protected Status (TPS) pour les personnes de Haïti, mais aussi du Honduras, du Nicaragua et du Salvador. Miami, le 6 novembre.

Selon le département de la Sécurité intérieure américain, les conditions de vie en Haïti se sont suffisamment améliorées pour que les bénéficiaires du statut de protection temporaire puissent rentrer chez eux.

Les autorités fédérales accordent cependant un sursis aux Haïtiens pour organiser leur retour : ils ont 18 mois pour quitter le pays.

Le statut temporaire avait été accordé aux Haïtiens par l’administration Obama après le tremblement de terre de 2010. Il a été régulièrement renouvelé depuis. 

Selon une étude du Centre d’études des migrations, la majorité des Haïtiens qui disposent de ce statut sont arrivés aux Etats-Unis avant le séisme, il y a en moyenne 13 ans.

Quelque 27 000 enfants américains sont ainsi nés de parents haïtiens bénéficiaires de ce protocole. Leurs parents, s’ils n’ont pas obtenu la nationalité américaine d’ici juillet 2019, risqueront donc l’expulsion.

La plupart des personnes concernées habitent en Floride, et les élus locaux de tous bords militaient pour le renouvellement de leur droit au séjour.

La décision de l’administration américaine n’a cependant surpris personne. De nombreux Haïtiens bénéficiaires du statut l’avaient anticipée et ont récemment migré vers le Canada, dans l’espoir de pouvoir s’y installer plus durablement.

Rfi.fr