Share, , Google Plus, Pinterest,

Print

Posted in:

Foot-élection / Le visage de la mafia à la FIF

 

La colère ne cesse d’enfler dans le public depuis le rejet de la candidature de Salif Bictogo et partant, la confirmation de celle de Sidy Diallo comme seul et unique prétendant à sa propre succession à  l’AGO élective de la Fédération ivoirienne de football (FIF) du 20 février prochain. ABIDJANSHOW.COM a investigué sur le « comment et le pourquoi » d’un déni de droit en règle dans un Etat démocratique de droit. Une mafia coriace, en réalité !

Dictature. Abus de pouvoir. Déni de droit dans un Etat de droit. Mascarade, etc. Les mots ne sont pas assez pour résumer les avis du public que la rédaction d’ABIDJANSHOW.COM a recueillis, suite au rejet, la semaine dernière, de la candidature de Salif Bictogo et partant, la confirmation de celle de Sidy Diallo comme seul et unique prétendant à sa propre succession à  l’AGO élective de la Fédération ivoirienne de football (FIF) du 20 février prochain. Pour sûr, la colère enfle dans le public et le malaise est perceptible. L’un de nos interlocuteurs interpelle la Commission électorale de la FIF, présidée par l’ancien ministre des Sports Philippe Légré, en caricaturant l’histoire récente de la Côte d’Ivoire : « Le Comité exécutif de FIF a tout fait pour écarter Eugène Diomandé, président du Sewé de San-Pedro de la course ; aujourd’hui la Commission électorale rejette la candidature de Salif Bictogo, deux personnalités de poids du football ivoirien. Faisons le rapprochement avec l’histoire récente de notre pays, que s’est-il passé en 2000 quand on a invalidé les candidatures des Présidents Alassane Ouattara et Henri Konan ? Je vous rappelle qu’il y a une rébellion, puis une longue guerre en Côte d’Ivoire. On ne fait pas ça dans un pays démocratique, on doit arrêter de jouer avec le feu à la FIF ».

La rédaction d’ABIDJANSHOW.COM veut, en effet, élucider de quoi retourne toute cette scabreuse histoire. Nous nous rendons vendredi 15 janvier 2016 au siège de la FIF à Treichville. Objectif, rencontrer le ministre Philippe Légré. A notre arrivée à la Maison de Verre de Treichville, nous tombons pile-poils dans la cour sur le président de la Commission électorale de la FIF, qui s’apprête à sortir. Nous avons eu le temps de l’approcher, de décliner notre identité et de formuler notre requête de l’interview sur le processus électoral en cours actuellement à la FIF. Sa réponse confirme bien les infos en notre possession que le ministre Philippe Légré s’est installé dans un mutisme absolu, en tout cas en ce qui concerne les élections à venir à la FIF, dont il a la lourde charge de conduire. « Non Monsieur ! Je n’accorde plus d’interview ; je crains de dire une chose à votre micro et le regretter par la suite. Si je dis que mon président est beau, qu’est-ce que cela peut changer… », a-t-il répondu. Avec un « je m’en foutisme » affiché, le président de la Commission électorale de la FIF s’est aussitôt enfoncé dans sa grosse cylindrée, pour s’échapper. Nonobstant tous les éléments à charge que la presse relaie régulièrement.

Nous continuons notre randonnée à l’intérieur de la Maison de Verre. Au service Communication, on nous informe qu’il sera difficile de trouver un interlocuteur fiable, actuellement. Parce que la FIF se trouve dans une période de transition. La seule personne habilitée à se prononcer au nom de la FIF est bien M. Philippe Légré, qui nous a fait faux bond à l’entrée.

Le visage de la mafia à la FIF

Alors, pas de voix autorisée pour répondre aux accusations gravissimes qui pèsent contre la FIF version Sidy Diallo. Nous sommes devant un mur de verglace, une boule de gomme. Un silence bien éloquent, cependant, règne et en dit long sur les enjeux de la course au fauteuil présidentiel à la FIF.

Selon notre investigation, la vérité, ici, est  implacable: la FIF est une machine très lourde, avec des pratiques mafieuses. Les dirigeants se font des crocs-en-jambe terribles et il n’est pas donné au premier président de club de diriger paisiblement la Fédération et réussir son mandat.

Des pratiques qui se sont enracinées depuis l’ère Jacques Anouma. A l’instance du football ivoirien, au temps du prédécesseur de Sidy Diallo, les enchères ont grimpé de façon exponentielle. « Anouma a mis la barre tellement haut qu’il est difficile à ses successeurs de maintenir le cap s’ils ne sont endossés à un pouvoir, ou à une puissance financière », confie une source introduite. Qui prend le soin de rappeler les leçons de l’ancien président de la FIF: « Personne ne peut diriger une fédération comme la FIF ou même un club avec ses propres moyens. La FIF, c’est au bas mot un budget de 3 milliards par an ; et comme l’Etat ne met pas immédiatement le fonds à disposition, le président de la fédération doit être un homme capable d’avoir dans son réseau des gens à même de décaisser 200 à 300 millions coups sur coup, pour débloquer une situation et Dieu seul sait ils sont multiples ces cas en football, le temps d’entrer en possession du budget de l’Etat ».

Jacques Anouma, ex-Directeur financier de la Présidence de la République, a eu la chance de tomber sur un homme comme Laurent Gbagbo, passionné du football, qui lui a donné carte blanche. Sans compter que sur sa lancée, Jacques a réuni plusieurs grands sponsors pour accompagner le football ivoirien et engrangé quelques moyens avec la participation de l’équipe nationale de Côte d’Ivoire à deux phases finales de coupe du monde.

Quel candidat contre Sidy Diallo ?

Jacques Anouma parti, la FIF devrait se doter d’un nouveau dirigeant qui le profil du métier. Et, semble-t-il, Sidy Diallo serait le seul et unique à remplir les critères. C’est désormais un secret de Polichinelle, le président sortant de la FIF entretiendrait des rapports privilégiés avec le sommet de l’Exécutif ivoirien. Il a la latitude de « sauter » son ministre de tutelle et ouvrir la porte du « Bon Dieu », sans passer par les Anges, décanter n’importe quelle situation et ressortir sans rechigner. De sorte qu’il aurait réussi à disposer du triple du budget de son prédécesseur.

Si un président de fédération ne peut donc réussir ces tours de chandelle, pour alimenter régulièrement la caisse, il s’expose inévitablement aux sanctions directes des présidents des clubs. Il est facile pour les présidents des clubs de convoquer une AG extraordinaire et démettre le Président en exercice.

Dans un tel contexte, « l’opposition » n’a pas réussi à trouver un adversaire de poigne à Sidy Diallo. Salif Bictogo, Eugène Diomandé… le savent bien, à en croire notre source. Mais, face à la pression de leurs supporters, des anti-Sidy invétérés, ils se doivent de faire le jeu jusqu’au bout. « En 2011, un soutien à Salif Bictogo aurait ouvertement menacé de le tuer s’il se retirait de la course à la présidence de la FIF… », confie notre source.

Mais pour autant, les dirigeants de la FIF se doivent-ils de manipuler les statuts, le code électoral, éliminer sur tapis vert tous les adversaires potentiels du président sortant Sidy Diallo et donner de la Côte d’Ivoire et son instance de football l’image d’un Etat voyou ?

« Le public a certes raison de se poser des questions sur le rejet des candidatures et le processus électoral en cours à la FIF mais, il faut retenir que le monde du football est très complexe. Tout ce qui se passe à la FIF est calqué sur les lois de la FIFA, l’instance suprême. Avec les sanctions qui pleuvent en ce moment à la FIFA, personne ne peut s’amuser à faire ce qui est illégal à la FIF. Ce sont les acteurs, les candidats, qui manipulent le public, sinon les présidents des clubs, qui sont l’émanation du Comité exécutif de la FIF savent bien que tout se passe dans la régularité. L’ancien président de la FIF Jacques Anouma, tous les présidents de clubs savent que ce qui se passe à la FIF est conforme aux règles de la FIFA, sinon ils auraient tous réagi », soutient ce responsable de la FIF, sous le couvert de l’anonymat. Qui s’étonne qu’un président de club, de la trempe de Salif Bictogo, puisse ignorer ou mal interpréter les textes pour ne même pas mettre son dossier de candidature en règle et se faire écarter de la course à la présidence de la FIF, au premier coup de sifflet de l’arbitre.

En attendant les délibérations sur les recours introduits auprès de la FIFA, le processus électoral en cours à la FIF cache bien de secrets. Qui ne resteront pas cachés, avec ABIDJANSHOW.COM !

Par MZ Emmanuela

VOUS AIMEREZ AUSSI

Commentaires

Commentaires

Share, , Google Plus, Pinterest,