France: Abdelkader Merah, dans l’attente du verdict, continue de nier

C’est un verdict très attendu ce jeudi 2 novembre. La cour d’assises spéciale de Paris juge depuis un mois le frère de Mohammed Merah, Abdelkader. Soupçonné de complicité d’assassinat, Abdelkader Merah a redit, avant de connaître le verdict prévu dans la soirée, qu’il n’avait rien à voir avec les assassinats commis par son frère. En 2012, son petit frère avait tué sept personnes au nom du jihad. Il est mort abattu par le Raid. La peine maximale a été requise. 

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La cour d’assises de Paris dira ce jeudi 2 novembre si Abdelkader Merah est complice ou non des attentats
perpétrés en mars 2012 à Toulouse et Montauban par son frère Mohamed Merah.

La réclusion criminelle à perpétuité avec 22 ans de sûreté. Voilà ce qui est requis contre Abdelkader Merah. Le réquisitoire de l’avocate générale a été sévère. La complicité d’Abdelkader Merah ne fait aucun doute, selon elle. Pis, elle estime qu’il a été le cerveau de l’opération à Toulouse. Son frère n’en a été que le bras armé, il a été fabriqué par Abdelkader Merah.

Et de mettre en avant les indices : un blouson de moto acheté par Abdelkader, ou le baladeur audio retrouvé chez lui. Avec à l’intérieur des prêches et le manuel du parfait jihadiste. Abdelkader Merah a été questionné longuement sur son rapport à la religion, car selon toute vraisemblance l’homme pratique un islam rigoriste et dissimulateur. Pour la magistrate, « son rôle est déterminant dans le passage à l’acte de son frère, c’est lui qui a la connaissance des textes ».

Pour la défense, les preuves avancées ne sont pas juridiquement suffisantes et il y a des zones d’ombre. Ce n’est qu’un faisceau d’indices, rien d’irréfutable. Les avocats de M. Merah demandent l’acquittement. Le très médiatique et charismatique avocat Eric Dupont-Moretti a lancé aux victimes et à la cour d’assises spéciale : « Si Abdelkader est condamné, dit-il, la justice sera morte ou gravement blessée, car nous nous serons couchés ».

Autre point soulevé par la défense, l’accusé ne serait pas là si son frère était encore vivant. Les cinq magistrats professionnels trancheront ce jeudi 2 novembre. Ils rendront leur verdict au mieux dans la soirée. Avant cela, Abdelkader Merah a pu s’exprimer : « Je dis et je redis que je n’ai rien à voir avec les assassinats commis par mon frère ».

Rfi.fr