G20: Hambourg, bastion de l’anticapitalisme, transformée en forteresse

L’Allemagne exerce cette année la présidence tournante du G20, et Angela Merkel a choisi sa ville natale, Hambourg, pour y recevoir les 35 délégations du sommet, qui aura lieu vendredi 7 et samedi 8 juillet. Le choix de la capitale du Nord de l’Allemagne pose un défi logistique et sécuritaire considérable. La ville va connaître trois jours de quasi-état d’urgence.

Avec notre correspondante à Berlin,  Nathalie Versieux

media
Des activistes d’Oxfam déguisés en Donald Trump, Angela Merkel ou Theresa May paradent dans Hambourg, le 6 juillet 2017.

Trente manifestations sont annoncées pendant la durée du sommet. L’un des principaux regroupements, organisé par l’extrême gauche et baptisé « Bienvenue en enfer », est prévu ce jeudi soir.

Hambourg redoute surtout les échauffourées de l’extrême gauche – 7 000 à 8 000 militants sont attendus dans la ville -, mais également des heurts entre Kurdes et Turcs liés à la venue du président Erdogan. Sans oublier la menace du terrorisme islamiste.

Quelque 20 000 policiers venus de toute l’Allemagne seront déployés. Un foyer d’accueil des réfugiés, situé sur l’autre rive de l’Elbe, a été transformé en prison de haute sécurité pouvant accueillir jusqu’à 400 personnes. Et une équipe de 9 magistrats installée à proximité pourra prononcer des peines sur le champ.

A la différence d’un G7, le G20 demande la logistique d’une grande ville, explique le porte-parole du gouvernement. Il faut pouvoir loger et offrir un espace de travail à quelque 10 000 invités. En Allemagne, seules Hambourg, Munich ou Berlin offrent de telles possibilités.


Les protestataires sont déjà prêts pour le sommet du G20. Hambourg, le 5 juillet 2017.

Hambourg est aussi un symbole, celui de l’ouverture sur le monde, un symbole important pour Angela Merkel. Mais Hambourg est également, traditionnellement, un des hauts lieux de l’activisme d’extrême gauche dans le pays.

La ville compte quelque 1000 militants, dont 600 à 700 seraient prêts à recourir à la violence. Organiser le G20 sous les fenêtres de leur point de ralliement, le centre culturel Rote Flora, est perçu comme une véritable provocation par les autonomes.

Les heurts avec les forces de l’ordre ont commencé dès le début de la semaine. D’où le dispositif exceptionnel prévu pour l’évènement. En témoigne le fait qu’une équipe de neuf magistrats installée à proximité de la prison temporaire pourra prononcer des peines sur-le-champ.

Rfi.fr