En Guyane, Emmanuel Macron ne veut pas «faire des promesses de père Noël»

Six mois après le mouvement social qui avait paralysé la Guyane, Emmanuel Macron est arrivé jeudi 26 octobre dans ce territoire français d’Amérique du Sud. Le président de la République, dont c’est la première visite outre-mer depuis son élection, a averti qu’il n’était pas venu en « père Noël ». 

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Emmanuel Macron sur le tarmac de l’aéroport de Cayenne, le 26 octobre 2017.

L’accueil a été plutôt froid jeudi à Maripasoula, la plus vaste commune de toute la France en superficie, située à la frontière du Surinam, en Guyane (voir notre webdoc).

« Je ne suis pas le père Noël parce que les Guyanais ne sont pas des enfants », a déclaré le chef de l’Etat. Une phrase qu’Emmanuel Macron avait déjà prononcée lors d’un précédent voyage en décembre 2016, alors qu’il était en campagne.

« L’Etat a fait trop de promesses qui n’ont pas été tenues. Donc je suis là pour dire les choses en vérité telles que je les vois, prendre des engagements que je saurai tenir durant mon quinquennat, et aussi assurer les éléments d’autorité indispensables sur ce territoire », a encore déclaré le président français.

Les Guyanais, en tout cas, comptent bien demander des comptes au nouveau chef de l’Etat. Le collectif « Pou Lagwiyann Dekolé » (« Pour que la Guyane décolle ») a décidé de se faire entendre. Il réclame le respect des accords signés.

 

Une manifestation a eu lieu dans les rues de Cayenne jeudi à l’appel du collectif. Et dans la soirée, la chaîne Guyane 1ère rapportait des tirs de gaz lacrymogènes des forces de l’ordre pour disperser un rassemblement organisé par le collectif devant la préfecture à Cayenne.

Les manifestants demandaient à être reçus par le président de la République. D’autres actions sont à prévoir durant la visite présidentielle.

Il y a six mois, en pleine campagne présidentielle, le mouvement social de cinq semaines qui avait mis le territoire d’outre-mer à l’arrêt était venu rappeler qu’à 7 000 kilomètres de Paris, des citoyens français vivent sans électricité ni eau courante.

Le mouvement avait pris fin le 21 avril avec l’accord dit de Guyane. Le gouvernement de Bernard Cazeneuve avait acté un plan d’urgence de 1,08 milliard d’euros, signé des accords sectoriels et « pris acte » d’une demande de 2,1 milliards d’euros de mesures supplémentaires.

Immigration clandestine massive venant du Brésil, du Surinam ou d’Haïti, insécurité croissante, communes enclavées, services de santé défaillants, système scolaire inadapté, taux de chômage très élevé (23 %). Sur ce territoire de 250 000 habitants, les problèmes ne manquent pas.

Face aux attentes, Emmanuel Macron a néanmoins promis pour vendredi matin des « mesures fortes » sur la lutte contre l’immigration et contre l’orpaillage clandestin.

Ce vendredi, Emmanuel Macron est attendu au centre spatial de Kourou, qui avait été bloqué pendant le mouvement.

Rfi.fr