Haïti: le sud-ouest du pays subit de plein fouet l’ouragan Matthew

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Un jeune homme se protège de la pluie qui s’intensifie à l’approche de l’ouragan Matthews, à Haïti, le 3 octobre 2016. REUTERS/Andres Martinez Casares

Plusieurs départements de la pointe sud d’Haïti sont balayés par des vents puissants et une pluie battante accompagne l’ouragan Matthew. Redouté depuis des jours, l’ouragan a déjà provoqué des inondations côtières en raison de l’élévation du niveau de la mer.

Dans la capitale, la pluie est désormais continue, mais la situation est plus critique dans le sud-ouest d’Haïti qui endure les pires effets du cyclone. Des rafales de vent à plus de 200 kilomètre-heure et plus d’un mètre de pluie ont été constatés par endroit selon le directeur du Centre national de météorologie.

Onze communes du sud du pays enregistrent des inondations côtières, selon la protection civile haïtienne. Cette dernière ne peut pas établir de bilan du nombre d’habitations détruites car les vents soufflent trop fort, empêchant les équipes de faire leurs évaluations.

Des éboulements de terrain ont également été enregistrés entre la ville de Tiburon et des Cayes, où la rivière a envahi la route nationale au niveau de la commune des Anglais.

Face à ces premières difficultés, les habitants en zone à risques se décident finalement à évacuer, alors qu’ils étaient encore réticents il y a quelques heures à l’idée de quitter leurs habitations.

Depuis dimanche, les autorités exhortaient la population à évacuer, mais celle-ci était dubitative quant à la réelle menace de l’ouragan Matthew.

100 000 personnes en danger

Nombre d’Haïtiens ont ainsi refusé d’évacuer quand les équipes de la protection civile sont passées dans les quartiers notamment dans l’aire métropolitaine, comme à Cité Soleil. Or une large partie du plus grand bidonville du pays est située au-dessous du niveau de la mer : selon le maire ce sont 100 000 personnes qui y sont en danger.

 Comme les conditions s’aggravent d’heure en heure maintenant, les gens affluent vers les abris d’urgence. Mais ces derniers ne sont pas en nombre suffisant pour accueillir tout le monde. L’Etat appelle à la solidarité citoyenne pour que ceux qui sont à l’abri veillent sur leurs voisins et ouvrent leurs portes à ceux qui seraient en difficulté.
Amélie Baron