Haïti: la très faible augmentation du salaire minimum qui ne passe pas

Le salaire minimum a été très légèrement augmenté, jeudi 27 juillet, en Haïti. C’est le président Jovenel Moïse qui l’a décidé, une mesure destinée à atténuer la crise ouvrière qui ne faiblit pas depuis mai. Mais cette augmentation journalière de 50 gourdes seulement, soit moins de 70 centimes d’euros, est très loin de satisfaire les revendications syndicales. De nouvelles manifestations sont prévues la semaine prochaine.

Avec notre correspondante à Port-au-Prince,  Amélie Baron

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En réponse à la mesure présidentielle, les syndicats assurent que de nouvelles mobilisations, comme celle
du 26 juin dans la capitale (photo), seront organisées.

350 gourdes soit 4,80 euros, c’est ce que vont désormais être payés les ouvriers des usines haïtiennes de sous-traitance pour une journée de 8h de travail. Ce montant est très loin des 800 gourdes exigés par les syndicats pour contrer les effets de l’inflation qui dépasse désormais les 15%.

Ce tarif de 350 gourdes, Jovenel Moïse ne l’a pas prononcé une seule fois lors de son message à la nation diffusé jeudi soir. Un discours présidentiel appelant au calme, mais qui n’a fait qu’aggraver la situation selon le syndicaliste Dominique St Eloi.

« Le président Jovenel Moïse n’a fait que provoquer les ouvriers et ouvrières. Il nous avait contactés et il n’avait avancé aucun chiffre. Il avait dit qu’il allait faire des concertations avec nous et avec les patrons. Mais sans nous concerter, il a pris cette décision unilatérale, donc en faveur des patrons et son discours leur est favorable. Il ne tient pas compte de la situation des ouvriers qui travaillent, mais n’arrivent pas à acheter à manger et à boire, qui n’arrivent pas à payer l’école pour leurs enfants. C’est pourquoi on garde notre flambeau de mobilisation jusqu’à ce que nos revendications soient prises en compte. »

Dès lundi, les ouvriers des usines de sous-traitance vont retourner dans les rues de la capitale pour exiger une augmentation de salaire plus conséquente que celle accordée par la présidence.

Rfi.fr