Ingérence russe présumée: Trump va-t-il empêcher James Comey de témoigner ?

L’audition de James Comey, l’ancien directeur du FBI, devant la commission du renseignement du sénat jeudi 8 juin, va être l’événement politique de la semaine. Certains parlent déjà d’un cirque médiatique et une audience record est attendue. Mais Donald Trump pourrait-il empêcher le patron des policiers qu’il a renvoyé de témoigner ?

Avec notre correspondant à Washington,  Jean-Louis Pourtet

media
Le président américain Donald Trump (à gauche) et l’ex-patron du FBI James Comey.

Le président pourrait effectivement « mettre un bâillon sur la bouche » de James Comey en utilisant le privilège de l’exécutif auquel ont eu recours dans le passé plusieurs présidents, y compris Barack Obama. Mais dans ce cas, c’est assez improbable, car ce serait plus dangereux pour Donald Trump que de laisser James Comey témoigner.

Que veulent savoir les membres de la commission du renseignement et avec eux des millions d’Américains ? Trump a-t-il demandé au directeur du FBI de laisser tomber l’enquête sur les contacts de Michael Flynn, l’éphémère directeur du conseiller national de sécurité, sur ses contacts avec les Russes pendant et après la campagne ?

Si tel était le cas, Trump pourrait être poursuivi pour obstruction à la justice, une raison pouvant justifier d’entamer une procédure de destitution. Le milliardaire new-yorkais aurait donc de bonnes raisons de recourir au privilège de l’exécutif.

Mais ce faisant, ce serait une sorte « d’admission de culpabilité ». C’est pourquoi nombre de juristes doutent qu’il empêche James Comey de répondre aux questions des sénateurs lors d’une audition qui pourrait être l’une des plus suivies depuis celle de Hillary Clinton sur Benghazi.

Rfi.fr