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Interview Joseph Aimé Monoko Barato Maranatha (Ex-footballeur Professionnel et Président le l’ONG CI-Solidarité)

Covid-19 : Cet ancien footballeur qui se bat pour les veuves et les orphelins du pays

Ancien footballeur professionnel ivoirien, Joseph Aimé Monoko Barato Maranatha a fait les beaux jours de l’AS Oumé, du Stella Club et de l’ASI d’Abengourou. Aujourd’hui fonctionnaire de l’Administration ivoirienne, il s’est trouvé une nouvelle passion, mais dans le domaine du social. Et depuis 10ans, avec son Ong « Côte d’Ivoire Solidarité », il est engagé auprès des veuves et orphelins à travers le pays.

En cette période de Covid-19 et très actif pour ces personnes ciblées par son ONG, M. Joseph nous fait le point de la situation et nous parle aussi de l’actualité du football ivoirien, à travers cet entretien.

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Présentez-vous et dites-nous comment vont les activités de l’ONG Côte d’Ivoire Solidarité en cette période de Coronavirus?

Je suis Joseph Aimé Monoko Barato Maranatha, Président de l’ONG « Côte d’Ivoire Solidarité ». Cette ONG s’occupe des veuves et orphelins à travers le pays. Nous comptons étendre bientôt nos activités hors de nos frontières à travers l’Afrique où le besoin se fait aussi sentir. Certes, l’ONG se porte bien, mais comme le monde entier, nous sommes préoccupés par la pandémie du Covid-19 qui fait l’actualité et dont la Côte d’Ivoire n’est pas en reste. À « Côte d’Ivoire Solidarité », dans notre leitmotiv d’être toujours proche des orphelins et veuves, depuis l’apparition de cette pandémie sur le territoire ivoirien, nous sommes en contact permanent avec les veuves et orphelins de notre réseau pour connaître leurs besoins et leur venir en aide.

Recevez-vous plus de sollicitations maintenant qu’avant cette période ?

Bien évidemment, car vu l’ampleur de la chose, nous recevons de nombreux coups de fil de sollicitations, venant surtout de nos mamans à Abidjan, une zone confinée et isolée. Pareil pour celles de l’intérieur qui nous sollicitent aussi en ce moment. Grâce à Internet, les membres de l’Ong à Abidjan et hors d’Abidjan se retrouvent pour travailler et faire le point de la situation pour pouvoir répondre aux urgences.

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Quelles sont les actions déjà posées dans ce sens ?

Dès le début de cette crise ici en Côte d’Ivoire, par le canal de nos ambassadeurs que sont la chantre Liz Djela et Lunic (lui même orphelin de père et de mère), nous avons commencé à poser des actions à travers de séries de dons. Nous avons visité plusieurs familles à Yopougon, Riviera, Ouangolodougou où nous avons construit une maison pour une veuve et sa famille que nous assistons. Ensuite il y a eu Agboville avec Veuve Boka qui vit avec 11 enfants et petits-enfants. A elle aussi, nous sommes en train de construire un toit (qui est presque terminé) : Dame Boka a échappé et ses enfants ont échappé à la mort dans son ancienne maison de fortune qui s’est écroulée sur eux. Nous lui avons aussi rendu visite avec des vivres et des non-vivres et de l’espèce ainsi que d’autres interventions spontanées.

Y a t-il eu un cas particulier qui a marqué et retenu votre attention ?

Oui, bien sûr. Il y a une veuve de la commune de Yopougon dont nous avons eu échos des difficultés qu’elle traversait. Nous avons décidé de la visiter en cette période de Covid-19. À notre arrivée chez elle, on nous fait savoir qu’elle est allée à la Riviera s’occuper de son frère malade du diabète et qui semblait être paralysé. Une veuve sans moyens au chevet de son frère à deux pas de se faire amputer une jambe ! Une situation qui a été pour nous un vrai choc. C’est donc dire qu’il y a de nombreux cas tragiques de ce genre.

Ancien footballeur très engagé pour la cause des veuves et orphelins, recevez-vous souvent des soutiens de footballeurs dans cette noble mission ?

Mon parcours au Stella-Club d’Adjamé, à l’ASI d’Abengourou et à l’AS Oumé me confère a fait que j’ai un bon carnet d’adresses comportant de nombreuses célébrités actuelles du monde du football avec qui, grâce à Dieu, j’ai de bons rapports. De sorte que, quand je sollicite certains, ils n’hésitent pas à me venir en aide pour la bonne cause. D’ailleurs, récemment, un ancien capitaine des Éléphants était le parrain d’une de mes cérémonies. Il a fait parler son cœur en faisant des dons et remis de l’argent en espèce aux veuves et orphelins. Ce que tout le monde a beaucoup apprécié. Il y a eu beaucoup d’émotion ce jour-là ; des vidéos en témoignent.
Cependant, ce dernier qui a aussi connu la pauvreté et perdu ses parents, préfère toujours poser des actions dans la discrétion totale.
Il y a aussi d’autres footballeurs qui nous viennent en aide, mais tous préfèrent le faire dans la discrétion. Je profite donc de cette interview pour leur dire sincèrement merci. Et qu’ils continuent dans ce sens car, comme le dit le Seigneur, il y a plus de joie à donner qu’à recevoir. Que Dieu les bénisse car il y a de nombreux nécessiteux qui ont besoin de cela. Nous exhortons donc tous ceux qui ne le font pas encore à y songer.

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Pourquoi avoir opté pour la cause des veuves et des orphelins ?

Nous avons choisi la cause des orphelins et des veuves car cela est avant tout divin. Dieu dit que la vraie religion est celle qui consiste à assister les veuves et les orphelins dans leur affliction. C’est d’ailleurs ce qu’il prône dans Luc 17 au verset 10. Et si je fais cela, c’est ce qu’il m’a demandé par l’entremise d’un homme de Dieu avec lequel je priais. A maintes reprises, il m’a été révélé que Dieu me demande de mettre sur pied une Ong pour venir en aide aux veuves et aux orphelins. Et lorsque j’ai obéi, ça a été un véritable combat pour le réussir. J’ai même été victime d’un grave accident avant le lancement de la première édition. Cela ne s’est pas fait au pif. Car lorsque j’étais footballeur, je venais déjà en aide aux enfants, orphelins et élèves. À Yopougon, je leur trouvais du travail à la Zone industrielle. Rendre service à ces derniers, est devenu pour moi une passion.

Que pensez-vous de la candidature de Drogba Didier à la FIF ?

Didier Drogba n’a pas tort d’être candidat tout comme Idriss Diallo et Sory Diabagaté. Chacun veut apporter un plus au football ivoirien. Mais de grâce , il faut dépassionner le débat afin d’éviter les dérapages inutiles . Dans la vie tout est possible , donc battons campagne sans injures mais plutôt avec des idées et bon programme.

Outre le volet social à travers votre ONG, vous êtes aussi très actif dans le milieu du showbiz comme bienfaiteur et conseiller de nombreux artistes. Pourquoi tout cela ?

Mon histoire avec le Showbiz est partie de mon petit-frère Magadindin qui, à l’origine au village, était un grand danseur. Ensuite, il s’est mis à la chanson et a créé, avec Lago Paulin et d’autres, le groupe « Système Gazeur » où ils ont connu un succès fou. C’est donc par lui que j’ai aimé le showbiz. Il y a aussi Yodé des Coco qui est devenu mon ami, ainsi que les Djogbô. J’ai aimé la chose en les côtoyant ainsi. Avec l’expérience acquise, je suis aujourd’hui le conseiller de nombreux artistes qui me sollicitent. Mais ma mission dans le showbiz, c’est d’évangéliser car c’est une mission que Dieu m’a confiée. Je leur fais comprendre donc qu’on peut être un artiste chanteur et être un modèle dans la société en évitant les clashs inutiles, et autres. Étant fonctionnaire d’état, j’évite donc d’être très souvent en leur compagnie dans certains endroits, car j’ai été dans le Showbiz avant de devenir fonctionnaire, quand j’étais encore footballeur…

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Votre mot de fin ?

Que l’État de Côte d’Ivoire nous aide dans cette noble mission, à achever notre centre d’accueil pour veuves et orphelins parce qu’ils souffrent vraiment le martyre. Jusqu’à preuve du contraire, nous avons nous-mêmes toujours financé nos activités avec nos partenaires qui sont en général des opérateurs économiques, des collègues, et avec des cotisations des membres de l’ONG, des amis et proches. Cela à cause de notre sérieux car nous leur faisons toujours un rapport de nos activités. Nous avons sollicité dernièrement Madame la Ministre qui ne nous a pas encore reçu à cause de son calendrier très chargé actuellement, mais cela se fera certainement.

Réalisée par A.K

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