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Interview Miss Kouamé Maillot Jaune : Son parcours, les frustrations et obstacles, les Leaders et leur festival… Miss Kouamé s’est confiée…

Arrivée timidement dans le milieu du showbiz, elle s’est fait un nom en même temps que ses poulains « Les Leaders ». Après Sophie Kouadio avec Yodé & Siro, elle est celle qui marque le milieu managérial du Zouglou et du pays avec ses artistes. A la veille de la 2e édition du ‘’Festi Leaders’’ qu’elle pilote avec « Les Leaders », Miss Kouamé Maillot Jaune s’est confiée à Abidjanshow.com.

Dans cet entretien qu’elle nous a accordé, celle qui détient actuellement le « maillot jaune » des managers féminins, retrace son parcours. Elle fait donc l’historique de ce parcours truffé de frustrations et d’obstacles car elle en a énormément connus. Et vous livre ce qu’elle prépare avec Donness, Pico et Valé les 20, 21 et 22 décembre à la place CP1 de Yopougon Sicogi.

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De Bouaké, sa base scolaire à Abidjan

Peux-tu nous retracer ton parcours avant ton entrée dans le showbiz ?

Avant d’arriver au showbiz, j’ai fait des études comme tout le monde. Je suis titulaire d’un Bac+5 option Marketing-Management et Communication. Et par la suite j’ai fait des stages dans certaines entreprises de la place. Mais je n’ai pas été attirée par la vie en entreprise. Par contre, je me suis retrouvée dans le milieu culturel et par ricochet, dans le showbiz.

Peut-on connaître les établissements où tu as fait ton cursus scolaire ?

J’ai fait tout mon cursus scolaire à Bouaké. J’ai fait le premier cycle au collège moderne Bouaké. Après le BEPC, j’ai été au Lycée classique de Bouaké où j’ai obtenu un Bac littéraire A1. Ensuite, j’ai fait un BTS en Gestion Commerciale au Lycée professionnel commercial de Yopougon. Après le BTS, j’ai été faire le cycle Ingénieur en Marketing management et communication à l’institut IFPG dans la commune du Plateau.

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Quels sont ces boîtes où tu as fait ces stages ?

J’ai fait un stage à la Sotra. Ensuite la RTI, la Mugefci…

Le déclic pour le choix du showbiz t’est venu d’où ?

Pour la petite histoire, c’est de mon père Honoré Kouamé, journaliste de formation et agent de la RTI que j’ai tiré mon inspiration. Car j’aimais bien sa façon de travailler. Il m’a donc d’abord donné l’envie de faire la communication. Et ensuite, ce fut mon frère aîné qui était artiste rappeur (Don Mêlo). Mais aujourd’hui il est homme de Dieu.

Il a fait ses classes dans ce milieu avec les Kajeem, Almighty… Il m’a aussi influencée avec ce qu’il faisait comme exercice musical depuis la maison et que j’aimais vraiment. C’est donc tout cela qui a tout déclenché par la suite. Ainsi, après avoir fini mes études, j’ai demandé à mon père de poursuivre une formation à l’ISTC. Mais il n’a pas voulu. Mais par un heureux hasard, une situation s’est produite…

Une situation heureuse certainement liée aux « Leaders ». Alors comment cela se passe ?

Pico Leader que je connaissais personnellement a vu un de ses amis (Louizo Mercenaire) perdre son père. À la veillée à Koumassi où nous sommes allés, j’ai découvert pour la première fois les « Leaders » en prestation ce jour-là.

C’est là que j’ai découvert avec stupéfaction qu’ils avaient du talent. Je me suis alors approchée de Pico et je me suis renseignée sur leur manager. Et il m’a répondu qu’ils n’avaient pas de manager.

Je me suis donc proposée pour jouer ce rôle car j’ai appris cela à l’école et ce serait une manière pour moi de l’expérimenter sur le terrain.

 

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Il m’a dit que cela ne le dérangeait pas, mais il allait d’abord proposer cela à ses amis. Le lead vocal était cependant très sceptique et a refusé catégoriquement sous prétexte que j’étais une femme. Pico et Valé lui ont fait comprendre qu’ils ne perdaient rien à essayer avec une femme après avoir expérimenté avec quelques hommes sans suite, car sait-on jamais. Deux des membres sur les trois étant favorables, ils m’ont donné ma chance.

« Les gens me huaient, me chassaient… Par moment, on me fermait certaines portes. Lorsque j’allais dans certains endroits pour parler des ‘’Leaders’’, les gens se rétractaient… »

Tu as aussi travaillé avec les Garagistes ?

C’est lorsque j’ai commencé à les côtoyer qu’ils m’ont fait savoir que les « Garagistes » sont ceux qui leur ont donné leur chance pour leur toute première production.

C’est ainsi donc qu’en côtoyant les Leaders, je fais pareillement avec les « Garagistes » en leur donnant aussi un coup de main dans le domaine de la communication.

Je leur ai fait part de ma vision des choses, Popolaye et les autres ont validé car depuis l’enfance, ils ont été mon groupe Zouglou préféré. C’est ainsi que j’ai commencé à faire la navette entre « Les Leaders » où j’étais le manager et « Les Garagistes » où je gérais la communication.

Cela fait combien d’années aujourd’hui que tu bosses avec les « Leaders » ?

Cela fait aujourd’hui 10ans que je travaille avec eux. Mais j’ai commencé à les côtoyer vers 2008 et c’est vers la fin de la crise de 2010 que nous avons véritablement commencé à travailler ensemble.

« Ils avaient du mal à m’accepter. Mais je ne me suis pas découragé. »

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En 10ans, quelles sont, éventuellement, lea frustrations que tu as essuyées en tant que femme ?

Les cas sont légion car je suis la 2e femme manager dans ce domaine, après Sophie Kouadio. Et donc, j’attirais la curiosité des gens et on m’acceptait difficilement dans ce milieu où même les hommes s’en sortent à peine. « Voici une jeune fille, au lieu de chercher à travailler où à se marier pour rester dans un foyer, que vient-elle faire ici ? », entendais-je dire très souvent.

Et j’ai même dit à quelqu’un un jour, que manager un artiste, ce n’est pas avec les muscles. Mais avec la tête et donc des idées. Ce n’est donc pas un métier forcément réservé aux hommes. Je subissais la méchanceté de certaines personnes. Les gens me huaient, me chassaient… Par moment, on me fermait certaines portes.

Lorsque j’allais dans certains endroits pour parler des ‘’Leaders’’, les gens se rétractaient. Ils avaient du mal à m’accepter. Mais je ne décourageais pas. Par moment, ça me faisait mal. Mais, ayant foi en moi, je me disais qu’ils finiraient bien par m’accepter tôt ou tard. J’ai donc persévéré et voilà le résultat aujourd’hui.

Et tes échecs impactaient forcément négativement tes poulains, je présume ?

Oui, j’avoue que le groupe avec lequel je travaillais était en ce moment-là sceptique quant à leur futur. Ils vivaient certes de leur art, mais ils ne savaient pas ce que l’avenir leur réservait. Et pour moi, notre collaboration était un test pour prouver ce que je valais.

Et donc c’était un challenge que nous devrions réussir ensemble. Ayant appris le Marketing, la Communication et le Management qui s’appliquent à tous les secteurs d’activité, je leur ai dit que s’ils croient en moi, on réussira ensemble en mettant en pratique ce que je connaissais de façon théorique. Et ils ont finalement cru en moi et voilà le résultat de ce groupe pratiquement inconnu jusque-là.

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Après 10ans dans ce métier, quel bilan peux-tu présenter ?

Je suis vraiment satisfaite car je crois avoir réalisé un rêve, celui de servir le Zouglou en particulier et la culture ivoirienne en général. Car c’est une musique que j’ai aimée depuis l’école et qui est une identité culturelle et musicale de notre pays que je m’étais promis de valoriser depuis l’école. Je suis aussi fière de mon parcours car j’ai tenté une expérience que la nation reconnaît, où je suis aujourd’hui une référence (toute modestie mise à part) avec les prix que j’ai déjà remportés. Ma satisfaction est donc grande.

« Ma satisfaction est donc grande. »

Quels sont ces prix que tu as remportés ?

Déjà en 2016-2017, j’ai été meilleur manager féminin de Côte d’Ivoire. 2017-2018 : Meilleur manager d’artistes Zouglou et en 2018 : Meilleur manager d’artistes de Côte d’Ivoire au Primud.
Ce sont là les grands prix que j’ai à mon actif.

Pour revenir au festival, comment vient l’idée de mettre sur pied un festival ?

« Les Leaders » sont très attirés par le domaine du social. Et aujourd’hui, nous avons compris que c’est bien de chanter. Mais il ne faut pas se limiter qu’à la musique ; il faut développer d’autres aspects et activités autour de la carrière. Ils ont donc compris que les gens les adorent certes, mais il est aussi important de venir en aide à ces personnes-là.

Dieu nous ayant fait grâce, nous avons décidé de venir en aide à d’autres personnes. C’est ainsi que depuis quelques années, nous avons commencé à faire des dons à la Sicogi, la pouponnière de Yopougon, l’Institut des aveugles.

Mais depuis l’année dernière, nous avons décidé d’aller au-delà de ces actions sociales en incluant une activité pérenne liée directement au groupe. C’est ainsi qu’a été initié le « Festi Leader », un rendez-vous annuel qui est à sa 2e édition cette année qui a pris une telle ampleur qu’il devient international avec plusieurs partenaires sur l’événement.

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Outre le métier de manager, tu exerces dans divers autres activités. Lesquels ?

En dehors des Leaders, je me suis donné la vocation de servir la culture. Donc, j’aide quiconque me sollicite dans le milieu. Raison pour laquelle vous me voyez dans différentes manifestations et concerts Coupé-décalé, Zouglou, Humour et autres. Je prends donc plaisir à aider les autres acteurs et artistes du monde du showbiz.

« Dieu nous ayant fait grâce, nous avons décidé de nous aussi venir en aide à d’autres personnes à travers le ‘’Festi-Leaders’’ ».

Les Leaders, quels sont les qualités et défauts de chacun d’eux ?

Depuis que je travaille avec eux, j’ai découvert qu’ils ont beaucoup de qualités. Et je suis un manager comblé car ces trois garçons ont la main sur le cœur car ils n’hésitent pas à aider.

Ils sont donc sociaux et sociables. Je ne le dis pas pour leur faire plaisir, mais je vis cela au quotidien avec eux. Et c’est ce qui fait leur force et qui explique que des mains leur sont toujours tendues.

Dans toute relation, il y a toujours des hauts et des bas, mais l’on ne retient que les bons moments car on finit toujours par s’entendre malgré tout. Car je donne une éducation culturelle et artistique aux artistes.

Bien que je sois le manager général, nous prenons toujours nos décisions de façon collégiale car nous entretenons une collaboration participative en conciliant les différentes positions. On se parle beaucoup et on apprend à régler nos différents, raison pour laquelle nous continuons de nous entendre.

Ton mot de fin

Je dis merci à Dieu car c’est lui qui est à la base de tout ce qui nous arrive. Merci à tous ceux qui prient pour nous. Qu’ils restent à l’écoute car le prochain album des « Leaders », c’est pour très bientôt et ils ne seront pas déçus.

Par A.K

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