Israël: tension après le gel d’un lieu de prières mixte au Mur des Lamentations

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé dimanche 25 juin le gel de la mise en place d’un projet pourtant déjà approuvé par le gouvernement pour établir un espace de prière pluraliste au mur Occidental. Un retour en arrière que regrette le président de l’Agence juive pour Israël, l’une des principales organisations de la communauté juive à l’étranger.

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mur (Occidental) des Lamentations, Jérusalem, mai 2017.

Une fois de plus Benyamin Netanyahu cède face aux partis ultra-orthodoxes de sa propre coalition, rapporte notre correspondant à Jerusalem, Michel Paul.

Une zone de prière mixte pour les non orthodoxes et les femmes

L’idée d’un espace de prière pouvant servir à tous les courants du judaïsme est abandonnée à ce stade, ainsi hommes et femmes continueront à prier séparément. Les travaux de construction de ce site se poursuivront cependant sans interruption.

Adopté début 2016, le projet prévoyait la création d’une zone de prière distincte au Mur des Lamentations pour les juifs non orthodoxes et les « Femmes du Mur » qui entendaient pratiquer leur religion sur un pied d’égalité avec les hommes. Dans la zone orthodoxe, hommes et femmes continueraient de prier séparément.

Risque de tension avec la diaspora juive

Mais le projet piétinait d’autant que les députés ultra-orthodoxes ont tenté à plusieurs reprises de l’enterrer définitivement. Cette affaire provoque maintenant une mini-crise politique au sein du gouvernement israélien.

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman a déclaré dimanche que le gel de l’accord du mur Occidental allait nuire aux relations entre Israël et les juifs de diaspora.

Même ton pour Michael Oren, vice-ministre et ancien ambassadeur aux Etats-Unis, qui critique  la décision du gouvernement et affirme qu’elle représente un « abandon du sionisme ». De fait, la grande majorité des juifs américains appartiennent aux courants non orthodoxes du judaïsme.

Un retour en arrière aussi pour Natan Sharansky, président de l’Agence juive pour Israël, l’une des principales organisations de la communauté juive à l’étranger. « La décision prise aujourd’hui signifie un retour en arrière et cela va rendre notre travail toujours plus difficile pour unifier Israël et le monde juif », a-t-il déploré.

Le dernier mot reviendra à la Cour suprême israélienne qui devrait sous peu donner une décision définitive sur ce sujet controversé.

Rfi.fr