En Italie, « les migrants rapportent plus que le trafic de drogue »

Le 12 janvier 2017 dans « Envoyé spécial », plongée au cœur d’un nouveau business juteux : celui des migrants. En Italie, la mafia se frotte les mains. Dans cet extrait, vous allez entendre une conversation qui a valu des ennuis à un patron jugé pour corruption.

En Italie, principale porte d’entrée des migrants en Europe, les centres de réfugiés sont une telle manne que tout un système de corruption et de trafic d’influence a vu le jour. Voici une conversation qui allait mettre dans l’embarras un patron soupçonné de corruption et placé sous surveillance policière. Extrait du magazine « Envoyé spécial » du 12 janvier 2017.

« Tu sais combien je gagne, moi, avec les migrants ? » s’énerve Salvatore Buzzi dans son téléphone portable, en pleine rue. Visiblement, son interlocuteur ne le croit pas : « Ce n’est pas un chantier qui te fait gagner des milliards ! — T’as une idée de combien je gagne ? La drogue est moins rentable ! »

Une phrase qui fait l’effet d’une bombe

En Italie, la phrase a fait l’effet d’une bombe. Salvatore Buzzi, aujourd’hui à l’isolement dans une prison à haute sécurité du nord de l’Italie, assiste à son procès (dans le cadre de Mafia Capitale) par vidéoconférence. C’est donc son avocat qui va répondre aux questions d' »Envoyé spécial ». Celui-ci commence par minimiser la portée de « la phrase la plus malheureuse qu’ait pu dire [son] client, [au] langage très original ».

En revanche, sur la question de la rentabilité des centres de migrants, l’avocat ne prend pas de détours : « Ne soyons pas hypocrites. Si Buzzi ou les sociétés françaises en Italie gèrent des centres, c’est exclusivement pour gagner de l’argent, ce n’est pas par charité chrétienne, il faut être clair. » Si l’on croit le contraire, « on s’égare complètement ».

Extrait de « Qui veut gagner des migrants ? », à voir dans « Envoyé spécial » le 12 janvier 2017.

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