Italie: la pression monte contre les ONG de secours aux migrants en mer

Les ONG qui se portent au secours des réfugiés et des migrants en Méditerranée seraient complices de la criminalité organisée, a estimé ce samedi 29 avril le ministre italien des Affaires étrangères Angelino Alfano.

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Des migrants attendent d’être secourus au large de la Libye, le 15 avril 2017.

Le procureur de Catane, en Sicile, a ces derniers jours multiplié les attaques contre les acteurs humanitaires. En février dernier déjà, Carmelo Zuccaro affirmait avoir des preuves de collusion entre les ONG d’aide aux migrants en Méditerranée et les réseaux de passeurs, avant d’expliquer que ces preuves n’étaient pas utilisables dans un procès. Le ministre de la Justice est alors intervenu pour lui demander de s’en tenir aux faits, et le Conseil supérieur de la magistrature s’est saisi de l’affaire.

La surenchère politique vient désormais accentuer le malaise. Le ministre des Affaires étrangères Angelino Alfano a publiquement soutenu les accusations du procureur de Catane. « Ceux qui s’indignent sur commande sont des hypocrites », a-t-il ajouté. Un terme que reprend le Mouvement 5 étoiles (M5S) de Beppe Grillo. Depuis Bruxelles, où il participait au sommet européen sur le Brexit, le chef du gouvernement Paolo Gentiloni a tenu à tempérer les propos de son ministre en expliquant que l’activité de ces organisations était « précieuse et bienvenue ».

Mais la pression monte contre les acteurs humanitaires, de façon surprenante. La direction de l’ONG SOS Méditerranée n’a pas souhaité réagir immédiatement. Pour l’organisation maltaise MOAS, il s’agit d’une « polémique stérile ».

« Nous, on connaît le travail de presque toutes les ONG en Méditerranée. Et les Etats de l’Union européenne peuvent les remercier parce que c’est un travail qu’ils devraient faire eux, estime de son côté Filippo Miraglia, de l’association italienne ARCI, membre du réseau Migreurop. La question centrale, c’est que les personnes qui viennent demander une protection en Europe ne peuvent pas s’adresser aux autorités européennes et sont obligées de se tourner vers les passeurs libyens. »

Le Haut-Commissaire de l’ONU pour les réfugiés a quant à lui déclaré que « le secours en mer était un impératif absolu ».

Rfi.fr