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J’ai perdu mes salaires

Bonjour, je suis Moustapha, jeune béninois diplômé en master de sciences économique de l’université Paul Labrèche de Cotonou.

Je vais vous raconter une de mes mésaventures que j’ai dû traverser dès les premiers mois de ma vie professionnelle.

C’était le lundi 9 Novembre 2015, jour ouvrable sur toute l’étendue du territoire béninois. Comme toujours, je suis très déterminé à me rendre au travail. À mon arrivée, il n’y a pratiquement personne au bureau, pas bien grave ! Je m’installe confortablement puis je commence à vaquer à mes occupations. Quelques minutes après, patrons et collègues font leur entrée dans la salle de réunion pour le débriefe de la semaine. Pendant ce temps, je reçois un message de la part d’un numéro inconnu. À première vue, ce message provient d’un employé d’Airtel (Société de télécommunication) avec le contenu suivant :

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Airtel Benin : « Bonjour, suite à votre rechargement habituel, votre numéro gagne des lots et des bonus. Pour plus de précisions, veuillez contactez notre agent commercial au numéro ci-dessous : 92 44 56 88 ».

Très ému, je suis sorti rapidement de la salle dans laquelle j’étais pour joindre ce commercial au numéro indiqué. Waouhh !!! Je n’en croyais pas mes oreilles…

Vous n’allez pas croire à ce que je vous dis, aolrs que je venais juste de recevoir tout premier salaire le vendredi qui précédait, ce commercial m’annonçait que je suis l’heureux gagnant d’un écran plasma de 42 ‘’ et de 100 000 mille franc de crédit. Quelle chance !

Bon ! Assez parlé, le commercial se met à ma disposition afin de me servir pour recevoir ce qui me revient. Pour cela il me rassure et me demande de suivre les étapes qu’il me donne afin de recevoir à la fin du processus un code avec lequel je me vais rendre dans une agence d’Airtel communication pour le retrait des lots. En mon absence la réunion débute, je demande donc à celui-ci de m’accorder 10 min pour y participer. La réunion finie, je le recontacte et nous continuâmes ce que nous avions commencé.

Dans un premier temps il me communique une série de codes que je devais valider à partir d’une carte Sim électronique (carte Sim utilisée par les vendeurs d’E-recharge autrement appelé gérant de K-bine ou woroufla au Bénin). Je suis un peu gêné car je suis en train de passer tout mon temps au téléphone pendant que mes collègues sont en train de travailler. Je me rends donc chez un woroufla en étant en communication avec le commercial qui me demande la plus grande discrétion quant aux démarches en cours. On commence :

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Transferts d’unité aux numéros ci-dessous :

27 56 96 96 66 : 25 000 francs

Stupéfait, je lui demande « est-ce nécessaire de faire un transfert à cette somme si vous pouviez déjà le faire depuis votre agence ?» Il me fait comprendre de le laisser faire son travail car il a d’autres dossiers à traiter. Juste un moment de tension, mais rien de plus car nous voilà plongés dans une liste de transfert. Toujours avec la peur au ventre je me lance inconsciemment dans ces tâches :

27 40 00 03 10 : 30 000

35 23 56 89 65 : 35 000

75 24 70 20 95 : 25 000

70 52 42 07 02 : 15 000

Lorsqu’un transfert se réalise, j’ai automatiquement la chair de poule et j’ai le sentiment d’être en train de me faire rouler dans la farine. En me consolant par la prière, j’espère que ce n’est pas ce à quoi je pense.

Nous étions au onzième transfert avec une somme de 40 000 F lorsque le commercial me demande de patienter juste trois minutes, le temps de tout régler à l’agence.

Pffff, j’attends donc désespérément le retour du commercial. Le temps passe, et repasse, les trois minutes aussi. Je deviens très anxieux. Le woroufla réclame son argent, je lui explique alors la vraie version de l’histoire. À la fin de cette explication, celui-ci se met à pleurnicher comme une mauviette en me disant que je venais de lui créer des problèmes car j’ai été victime d’une arnaque. Malheureusement ce que je craignais à fini par arriver.

Je pouvais l’éviter dès le premier instant où j’ai pris peur, mais j’ai voulu voir où cette fameuse chance allait m’y emmener. Tout ça pour du matériel…Pour éviter que cette histoire prenne un tournant judiciaire à la police, le woroufla m’a demandé de lui rembourser toute cette somme, peu importe que je sois victime ou non.

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Depuis ce jour, je suis en train de rembourser peu à peu la somme de 300 000 Fr sachant que je touche 100 000 Fr par mois. Finalement la chance que j’ai accueillie à bras ouvert s’est transformée en malheur…

Conclusion : La naïveté dans la vie d’un homme peut arriver, mais retenez une seule chose, elle finit par passer lorsque vous vous apercevez que sur cette terre les hommes sont prêts à tout pour s’approprier des biens qui ne leur appartiennent pas. Tel est le cas.

Aidez-moi par vos conseils afin que je surmonte cette douleur.

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