Japon: défaite historique du parti conservateur à Tokyo

Le Parti conservateur de Shinzo Abe a subi un revers historique face au nouveau parti de la gouverneure de Tokyo, Yuriko Koike. Il s’agissait du renouvellement de l’Assemblée municipale de la capitale japonaise: le parti conservateur y perd plus de 40 sièges et la majorité, au profit du TFK. Un résultat qui pourrait pousser Yuriko Koike à aller défier le Premier ministre lors des prochaines élections nationales en 2018.

Avec notre correspondant à Tokyo, Frédéric Charles

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Yuriko Koike, le 2 juillet 2017.Mandatory 

Première femme à diriger Tokyo, une mégalopole de 14 millions d’habitants dont le PIB est supérieur à celui des Pays-Bas, Yuriko Koike qui a créé son propre parti TFK (« e Tomin First no Kai », « Les Tokyoïtes d’abord »), écrase dans la capitale un parti conservateur habitué à dominer la vie politique japonaise depuis plus d’un demi-siècle.

Son triomphe pourrait décider qui dirigera la troisième économie du monde lors des Jeux olympiques de Tokyo de 2020 ou peu après. La toute puissante bureaucratie japonaise a perdu une partie de ses prérogatives depuis que Shinzo Abe est au pouvoir, et elle fait tout pour affaiblir le Premier ministre, de concert avec des médias tout au service de la gouverneure de Tokyo.

Accusations de favoritisme

Shinzo Abe est accusé, par exemple, de favoritisme dans la création d’une nouvelle école de médecine vétérinaire. Sa volonté de réviser la Constitution pacifique explique aussi la défaite subie par son parti lors de ces élections locales.

La gouverneure de Tokyo s’est engagée à juguler l’explosion des coûts de préparation des Jeux olympiques de 2020 -les Tokyoïtes redoutent une hausse de leurs impôts déjà élevés- et à rendre la gestion de la capitale plus transparente.

Rfi.fr