Journaliste assassinée en Inde: une veillée aux chandelles à travers le pays

En Inde, des milliers de personnes se sont rassemblées mercredi 6 septembre dans plusieurs villes du pays pour défendre la liberté d’expression et pour rendre hommage à Gauri Lankesh. Cette journaliste de 55 ans a été assassinée par balles mardi soir, dans le sud du pays.

Avec notre correspondante à New Delhi,  Clémence Després

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A New Delhi, la capitale, à Bangalore (photo) comme dans plusieurs autres villes du pays des milliers de
personnes ont veillé, ce mercredi, avec des chandelles et des portraits de la journaliste assassinée.

Ils étaient plus d’une centaine à la tombée de la nuit dans le centre de New Delhi. Des bougies posées au sol, dans leurs mains, des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « #IamGauri », « #JesuisGauri ». Un hommage à Gauri Lankesh, cette journaliste assassinée par balles mardi soir devant son domicile de Bangalore.

« Nous la connaissions comme une journaliste mythique. Elle s’est élevée contre le communautarisme, contre le système de caste, contre le racisme et contre le sexisme et elle a fait des reportages extraordinaires », explique Amit Sengupta, journaliste.

Gauri Lankesh était la rédactrice en chef d’un journal indépendant en langue locale. Elle était très critique des nationalistes hindous, au pouvoir en Inde. Un pays qui figure 136e sur 180 au classement mondial de la liberté de la presse. Un contexte qui inquiète bien au-delà du monde des médias. 

« Je ne peux pas rester assis confortablement sans rien faire. Parce que si des gens qui se sont dévoués de la sorte pour protéger nos institutions peuvent être supprimés, ne risque-t-on pas tous la même chose si nous ne sommes pas solidaires », demande P.S Sharda, avocat à la Cour suprême,

Et cet assassinat en rappelle d’autres. Depuis 2013, trois intellectuels qui s’opposaient à la superstition et au fanatisme religieux ont été tués dans des circonstances similaires.

Rfi.fr